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Cameroun : la CDEC revendique la centralisation d’environ 260 millions USD en trois ans

Trois ans après son opérationnalisation, la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) revendique plus de 151 milliards de FCFA (plus de 260 millions USD) de ressources centralisées. Ces chiffres, qui confirment la montée en puissance de cette institution dans le paysage financier camerounais, ont été dévoilés par le directeur général (DG), Richard Evina Obam. Ils…

Le siège de la CDEC au Cameroun.

Trois ans après son opérationnalisation, la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) revendique plus de 151 milliards de FCFA (plus de 260 millions USD) de ressources centralisées. Ces chiffres, qui confirment la montée en puissance de cette institution dans le paysage financier camerounais, ont été dévoilés par le directeur général (DG), Richard Evina Obam. Ils illustrent l’élargissement des activités de la CDEC.

Sur la période sous revue, apprend-on de la communication du directeur général le 7 juillet 2026, « plus de 22.000 opérations avaient été traitées, dont plus de 17.000 consignations couvrant les fonds judiciaires, administratifs, les cautionnements, les séquestres et les avoirs en déshérence ». Ces activités rentrent dans le cadre des missions premières de la CDEC à savoir la sécurisation et la conservation des fonds. Depuis son lancement en 2023, l’établissement a ainsi reversé plus de 20 milliards de FCFA (près de 35 millions USD) à leurs bénéficiaires, témoignant de son rôle de tiers de confiance dans la gestion des ressources réglementées.

Parallèlement, la CDEC développe progressivement sa fonction d’investisseur institutionnel. C’est ainsi que cette institution indique avoir engagé une politique prudente de valorisation de ses ressources, avec plus de 56 milliards de FCFA (environ 96 millions USD) d’encours investis dans des titres financiers.

Une part importante de ces placements, supérieure à 40 milliards de FCFA (près de 69 millions USD), est orientée vers les bons du Trésor et les obligations d’État. Cette stratégie permet de générer des revenus tout en préservant la sécurité des fonds confiés.

Pour Richard Evina Obam, cette évolution traduit une ambition plus large. « En instituant la CDEC, l’État a fait le choix de se doter d’un instrument public capable de contribuer, aux côtés des autres acteurs du système financier, à la mobilisation de ressources à long terme, à leur sécurisation et à leur orientation vers le financement du développement », affirme-t-il.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement de l’économie camerounaise. Elle prend également forme à travers le projet Diaspora et Développement (DIASDEV), dont les conclusions viennent d’être présentées.

Ce programme vise à créer un mécanisme d’épargne réglementée destiné aux Camerounais de la diaspora ainsi qu’aux résidents. L’objectif est de mieux canaliser une partie des transferts des migrants, estimés à près de 652 milliards de FCFA (environ 1,2 milliard USD) en 2024 vers des investissements productifs.

Pour le DG de la CDEC, l’enjeu dépasse la création d’un nouveau produit financier. « Il constitue ainsi une étape importante dans la diversification de notre modèle économique et dans le renforcement progressif de notre rôle d’investisseur institutionnel », souligne Richard Evina Obam.

Les résultats présentés le 7 juillet 2026 confirment ainsi la transformation progressive de la CDEC. L’établissement ne se limite plus à la conservation des fonds réglementés. Il affirme désormais son rôle dans la mobilisation de l’épargne longue, la sécurisation des ressources et le financement de l’économie.

À mesure que son portefeuille s’étoffe, la CDEC pourrait devenir un acteur majeur du financement de long terme au Cameroun. Sa capacité à conjuguer sécurité, rentabilité et soutien aux politiques publiques sera déterminante pour asseoir durablement sa place au sein du système financier national.

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