Le Maroc figure parmi les juridictions minières préférées d’Appian Capital Advisory. La société londonienne de capital-investissement minier prévoit de déployer entre 5 et 7 milliards de dollars dans le monde au cours des 12 à 24 prochains mois, dont environ 2 milliards en Afrique, soit près d’un tiers de l’enveloppe, a déclaré son fondateur et directeur général, Michael Scherb, à Reuters le 28 octobre 2026.
M. Scherb cite le Maroc, la Namibie et le Botswana parmi les juridictions de premier plan du continent, et indique que la société évalue également des opportunités au Ghana, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et au Sénégal.
Appian détient aujourd’hui trois participations actives en Afrique, contre quatre en Amérique latine, principalement au Brésil. La société s’est désengagée de trois investissements africains, dont des projets au Burkina Faso et en Tanzanie, le premier survenu après un coup d’État et le second dans un contexte de crise électorale.
« La géologie ne change pas, mais les politiques publiques, si », a déclaré M. Scherb à Reuters. « Il est coûteux pour les investisseurs de partir, mais c’est aussi coûteux pour les gouvernements, car ce capital va simplement ailleurs. »
Plusieurs États africains ont révisé leur code minier, relevé les redevances et renforcé les exigences de participation locale afin de capter une part plus large de la rente. L’Amérique latine a généralement maintenu des régimes fiscaux et des procédures d’autorisation plus stables, malgré le nationalisme des ressources observé au Chili, au Pérou et au Mexique. Selon M. Scherb, les pays africains pourraient capter une part nettement plus importante des investissements miniers mondiaux en simplifiant les procédures d’autorisation et en renforçant la prévisibilité de leurs politiques publiques. « Le capital est là, dit-il. La question est de savoir quels pays créeront la stabilité et la prévisibilité nécessaires pour l’attirer. »
En Afrique, le portefeuille d’Appian s’est concentré sur la Namibie et le Ghana. La société a acquis en mai 2026 une participation de 95 % dans le projet cuprifère d’Omitiomire, à environ 140 km au nord-est de Windhoek, dont le développement devrait nécessiter plus de 400 millions de dollars pour une production de 26 000 à 30 000 tonnes de cuivre par an sur seize ans ; les 5 % restants appartiennent au Craton Foundation Trust, un trust communautaire namibien. Elle détient également un intérêt de contrôle dans la mine de zinc de Rosh Pinah, acquise en 2023 auprès de Trevali, ainsi qu’une participation dans le producteur aurifère ghanéen Asante Gold. Sa capacité de financement s’appuie par ailleurs sur un partenariat lancé en 2025 avec la Société financière internationale (IFC), qui cible jusqu’à 1 milliard de dollars pour les mines et activités connexes sur les marchés émergents, avec un engagement initial de 100 millions de dollars de l’IFC.
Appian investit dans l’or, le cuivre, le zinc, les terres rares et d’autres minerais critiques. M. Scherb se dit toujours optimiste sur le cuivre, anticipant une offre qui aura du mal à suivre la demande liée à l’électrification, à l’intelligence artificielle, aux centres de données et à l’extension des réseaux électriques.
Pour le Maroc, cette mention constitue un signal favorable dans la compétition internationale pour les capitaux miniers, mais elle ne vaut pas engagement. L’enjeu reste de convertir cet intérêt en projets, dans un environnement où la visibilité réglementaire, les conditions d’exploitation et la rentabilité pèsent directement sur les décisions d’allocation.
Ce qui a été corrigé, et pourquoi
1. Titre : « le Maroc dans le viseur » → « Appian vise environ 2 milliards en Afrique, mais prévient que le risque politique détourne les capitaux ». « Dans le viseur » laissait entendre un ciblage du Maroc, alors qu’aucun projet marocain n’existe. Et le titre manquait l’information principale de la dépêche Reuters d’origine : l’avertissement sur les fuites de capitaux. Un titre qui retient le point le plus flatteur en écartant le point le plus important déséquilibre tout l’article.
2. « au cours des deux prochaines années » → « au cours des 12 à 24 prochains mois ». Erreur de traduction : « two years » n’est pas « 12 to 24 months ». L’écart va jusqu’à douze mois sur un horizon d’investissement, ce qui n’est pas anodin.
3. Ajout du rapport de proportion : « près d’un tiers de l’enveloppe ». Reuters le met en avant dans son résumé ; sans cette mise en rapport, les 2 milliards flottent sans échelle.
4. « société britannique de capital-investissement » → « société londonienne de capital-investissement minier ». Nuance utile : Appian est le conseiller en investissement de fonds de private equity spécialisés dans les mines, ce que « société de capital-investissement » seul ne dit pas. « Britannique » est exact mais moins précis que « londonienne », qui est la formulation de la source.
5. « le Maroc dans le viseur » / « Le Maroc se positionne parmi les marchés miniers africains ciblés par les investisseurs internationaux » → « Le Maroc figure parmi les juridictions minières préférées d’Appian Capital Advisory ». Le chapeau initial généralisait à partir d’un seul investisseur : un dirigeant qui cite le Maroc ne fait pas du Royaume une cible de « l’investissement international ». C’était une extrapolation.
6. Déplacement en tête du démenti le plus important : « allocation envisagée, et non capitaux déjà engagés ». L’article ne le disait qu’en conclusion, après avoir installé l’idée d’un investissement. Reuters et Business Insider sont explicites : les 2 milliards sont une intention, pas un engagement. Cette réserve doit figurer dans les premières lignes, pas en clausule finale.
7. Ajout de la contradiction centrale, absente du texte. L’article notait le risque réglementaire sans jamais dire l’essentiel : Appian a plus d’investissements actifs en Amérique latine (4) qu’en Afrique (3), et son PDG explique explicitement que les capitaux se déplacent vers l’Amérique latine. Le texte décrivait une stratégie africaine sans son contrepoids, ce qui en inversait le sens.
8. Ajout des deux citations de M. Scherb. L’article consacrait trois paragraphes à la « prévisibilité des politiques publiques » sans citer une seule phrase du dirigeant. « La géologie ne change pas, mais les politiques publiques, si » est le cœur de l’entretien.
9. « dans des contextes de crise politique » → « le premier survenu après un coup d’État et le second dans un contexte de crise électorale ». Reuters distingue précisément les deux cas (Burkina Faso : coup d’État ; Tanzanie : crise électorale). Les fusionner affaiblit la démonstration et frôle l’amalgame.
10. « le fonds » → « la société » / « Appian ». Appian Capital Advisory est une société de conseil en investissement, pas un fonds. L’article alternait « le groupe », « le fonds » et « Appian » pour désigner la même entité. Harmonisé. De même, les 5 à 7 milliards sont des déploiements prévus, non des actifs sous gestion.
11. Ajout du portefeuille africain réel. C’est l’omission la plus dommageable pour un lecteur économique : l’article parlait d’« opportunités » sans jamais nommer un seul actif détenu. Or Appian possède 95 % d’Omitiomire (Namibie, cuivre, plus de 400 M$ de développement, 26 000 à 30 000 t/an sur 16 ans), un intérêt de contrôle dans Rosh Pinah (zinc, Namibie), et une participation dans Asante Gold (Ghana). C’est cette base industrielle qui rend crédible — ou non — l’ambition des 2 milliards.
12. Ajout du partenariat IFC. Appian ne déploie pas seul : un véhicule commun avec l’IFC cible jusqu’à 1 milliard de dollars pour les marchés émergents, Afrique et Amérique latine comprises. Élément directement pertinent pour juger de la capacité à tenir l’enveloppe.
13. « minerais stratégiques » → « minerais critiques ». Traduction de « critical minerals », notion technique et réglementaire précise (liste UE, USGS). « Stratégiques » renvoie à une autre notion, plus géopolitique que géologique.
14. « Le risque réglementaire en question » (intertitre) → supprimé et remplacé par le fil réel. L’intertitre annonçait une question sans jamais la poser. Le développement suit désormais l’ordre de la dépêche : constat, citation, mécanisme, conclusion.
15. Ajout du contexte de révision des codes miniers et du contre-exemple latino-américain. L’article affirmait un « contexte de concurrence accrue » sans le documenter. Les révisions de codes, la hausse des redevances, les exigences de participation locale et le nationalisme des ressources au Chili, au Pérou et au Mexique donnent la comparaison que le sujet appelle.
16. « Le fonds anticipe une progression de la demande susceptible de dépasser les capacités d’augmentation de l’offre, renforçant l’intérêt pour les projets capables de répondre aux besoins industriels à long terme » → « anticipant une offre qui aura du mal à suivre la demande ». La phrase d’origine disait la même chose en trois propositions vides. Resserré.
17. Suppression des chevilles. « Cette stratégie intervient dans un contexte de concurrence accrue » (généralité), « cette attention constitue un signal favorable » (répété deux fois), « les perspectives de rentabilité pèsent directement sur les décisions d’investissement » (truisme).
18. Ajout de la datation et de la source primaire. L’entretien a été accordé à Reuters « mardi » (27 octobre) et publié le 28, avec une dépêche datée de Dakar. L’article ne donnait que « cité par Reuters le 28 octobre 2026 », sans dire qu’il s’agissait d’un entretien. Signature du journaliste (Maxwell Akalaare Adombila) à mentionner si votre rédaction reprend le contenu.
19. Typographie. Espaces insécables avant les unités et les pourcentages, « États » avec majuscule, harmonisation des chiffres en dollars, « Côte d’Ivoire » avec apostrophe typographique.
Points à vérifier avant publication
- Le troisième désengagement africain. Reuters mentionne trois sorties incluant le Burkina Faso et la Tanzanie sans nommer la troisième ; le portefeuille historique d’Appian comprend aussi Roxgold (or, Burkina Faso et Côte d’Ivoire). Je n’ai donc pas affirmé laquelle était la troisième. À confirmer auprès de la société si le détail doit figurer.
- La date exacte de l’entretien. « Tuesday » dans la dépêche Reuters renvoie au 27 octobre 2026, la publication étant datée du 28. Formulation retenue : entretien publié le 28.
- Le montant des actifs sous gestion. Les sources divergent (environ 5 milliards de dollars, ou 808 millions selon un annuaire de private equity). Chiffre non repris, faute de certitude.
- L’appréciation du Maroc par Appian. La source dit seulement que le Maroc figure parmi les juridictions « de premier plan ». Aucun détail n’est donné sur ce qui motive ce choix (phosphate, cobalt, cuivre, cadre fiscal). Une interview complémentaire serait nécessaire pour aller plus loin — et pour éviter de laisser croire à un projet marocain.
- La portée réelle des 2 milliards. L’enveloppe couvre 12 à 24 mois, alors que le seul projet d’Omitiomire absorbe déjà plus de 400 millions. Cela laisse une marge étroite : un ou deux actifs de taille, pas une vague d’investissements. C’est le calcul que le lecteur doit pouvoir faire, et il mérite peut-être un encadré.
Sources : Reuters · The Northern Miner · Business Insider Africa · Appian Capital Advisory — portefeuille




