Le marché de l’assurance aéronautique au Zimbabwe traverse une période de forte contraction, en raison d’un nombre limité d’opérateurs et des difficultés économiques persistantes du pays. Selon l’Insurance and Pensions Commission (IPEC), les revenus du segment se sont établis à seulement 0,45 million USD au premier trimestre 2025, soit une chute de 73 % par rapport à la même période de 2024 (1,68 million USD).
L’assurance aviation ne représente plus que 1 % des revenus du secteur des assurances. L’IPEC attribue en partie cette baisse à la transition de la norme comptable IFRS 4 vers IFRS 17, qui a provoqué des décalages dans la reconnaissance des revenus.
Traditionnellement, l’assurance aviation au Zimbabwe reste un marché de niche, largement lié aux activités d’Air Zimbabwe et de quelques compagnies charters privées. L’immobilisation au sol des appareils, la faiblesse du trafic passagers et la réduction des liaisons régionales ont pesé sur la demande.
Avec seulement une poignée d’assureurs capables de couvrir les risques aéronautiques, la concurrence demeure limitée, ce qui freine également l’innovation et la diversification des produits. La récente vente par Air Zimbabwe de deux appareils B777-200ER a également contribué à la contraction du portefeuille assuré, note le régulateur.
Réassurance et risques de change
Le retrait partiel de certains réassureurs internationaux, inquiets de la volatilité macroéconomique et des risques de change, a encore compliqué la situation. Les coûts de couverture ont augmenté, alors que la base de revenus s’amenuise.
Bien que les acquisitions privées d’hélicoptères et de jets par des hommes d’affaires et responsables politiques se multiplient, cette tendance ne se reflète pas dans les chiffres du marché local.
Comparé à l’Afrique du Sud ou au Kenya, où le marché aéronautique est plus vaste et dynamique, le Zimbabwe reste en retrait. Selon les experts, le rebond dépendra d’une reprise du trafic aérien, de l’entrée de nouveaux assureurs et d’une stabilisation macroéconomique.
L’inauguration récente de la ligne Harare–Mutare par Air Zimbabwe ouvre cependant des perspectives de développement touristique et de nouvelles routes régionales.
En attendant, les experts préviennent : sans réformes structurelles et sans élargissement de la participation, le secteur de l’assurance aéronautique risque de stagner, fragilisant l’ensemble de l’écosystème aérien du Zimbabwe.



