Le Togo veut faire de la réduction des coûts un levier majeur pour transformer son secteur aérien. Le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile du Togo (ANAC Togo), le colonel Abdou Ahabou Idrissou, en a donné les détails ce jeudi 2 juillet, en marge du lancement du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO.
Selon le responsable, Lomé ne compte pas seulement appliquer les prescriptions communautaires relatives à la baisse de certaines taxes et redevances dans l’espace ouest-africain. Le pays entend aller plus loin, en réduisant d’autres charges jugées dissuasives pour les nouveaux opérateurs. L’objectif affiché est clair : rendre le marché togolais plus attractif et favoriser l’arrivée de nouvelles compagnies.
« Une compagnie qui vient nouvellement s’installer au Togo devait, jusqu’à présent, mobiliser un minimum de 200 millions de FCFA pour obtenir les documents nécessaires. Mais, sur instruction du champion du Marché unique du transport aérien africain [Faure Gnassingbé, Ndlr], et à partir de l’application des nouvelles directives au Togo, une compagnie pourra désormais s’installer avec 3,5 millions au lieu de 200 millions », a déclaré l’officier supérieur de l’armée de l’air.
« Il s’agit là d’une réduction de plus de 90 %. Comparé aux 25 % préconisés par la CEDEAO sur certaines taxes, le Togo est déjà allé beaucoup plus loin », s’est-il réjoui.
Pour les autorités togolaises, cette politique doit produire un effet mécanique sur l’ensemble du secteur. En abaissant les barrières financières à l’entrée, le pays espère attirer davantage de compagnies aériennes, stimuler la concurrence et, à terme, faire baisser les prix pour les passagers.
« Lorsque l’on multiplie les compagnies aériennes, cela entraîne mécaniquement une concurrence. Et la concurrence entraîne, elle aussi, une baisse des coûts », a résumé le colonel Abdou Ahabou Idrissou.
À travers cette réforme, le Togo cherche ainsi à se positionner comme l’un des points d’ancrage les plus accessibles pour les opérateurs aériens en Afrique de l’Ouest. Une ambition en phase avec les objectifs d’intégration régionale portés par la CEDEAO et avec la volonté, plus large, de faire du transport aérien non plus un luxe, mais un outil de mobilité et de rapprochement entre les peuples.
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