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Mauritanie : l’AFD revendique un portefeuille de 42 projets et met l’accent sur l’impact durable des investissements

L’Agence française de développement (AFD) a présenté, jeudi 9 juillet 2026 à Nouakchott, son bilan d’activité 2025 et ses perspectives pour la période 2026-2031. Entre sécurité alimentaire, infrastructures stratégiques, soutien à la jeunesse et transition écologique, l’institution française entend renforcer son partenariat avec la Mauritanie tout en plaçant la qualité d’exécution des projets au cœur…

L’Agence française de développement (AFD) a présenté, jeudi 9 juillet 2026 à Nouakchott, son bilan d’activité 2025 et ses perspectives pour la période 2026-2031. Entre sécurité alimentaire, infrastructures stratégiques, soutien à la jeunesse et transition écologique, l’institution française entend renforcer son partenariat avec la Mauritanie tout en plaçant la qualité d’exécution des projets au cœur de sa stratégie.

Présentée par Ignace Monkam-Daverat, directeur de l’AFD en Mauritanie, la conférence de presse annuelle a permis de revenir sur les principaux résultats de l’agence et sur les défis liés à la mise en œuvre des projets financés dans le pays.

En 2025, l’AFD comptait 42 projets actifs en cours d’exécution en Mauritanie, pour un portefeuille d’environ 20 milliards d’ouguiyas. Ses interventions se concentrent principalement sur trois grands axes : la sécurité alimentaire, les infrastructures liées à l’eau, à l’énergie et à l’assainissement, ainsi que l’accompagnement de la jeunesse.

Des investissements orientés vers les priorités nationales
Parmi les projets présentés figure le Programme de mobilisation et de valorisation des eaux de surface (2021-2030). Ce programme vise à renforcer la résilience des territoires à travers la construction de barrages de retenue d’eau, l’aménagement de terres agricoles et la lutte contre la désertification.

L’AFD accompagne également le programme DECLIC, consacré au développement économique local et aux initiatives communales. Déployé dans plusieurs régions, ce dispositif finance des investissements issus des plans de développement communaux, notamment dans les secteurs de l’éducation, de l’hydraulique, de la santé et des activités économiques.

Autre priorité : l’insertion économique des jeunes. À travers le Projet d’appui au développement de l’entrepreneuriat en Mauritanie (PADEM), l’agence apporte un soutien technique et financier aux porteurs de projets, avec une attention particulière portée aux femmes entrepreneures.

De nouveaux projets pour la période 2026-2031
L’AFD a également présenté ses nouveaux engagements approuvés en 2025. Parmi eux, le projet Tamourt Naaj, destiné à valoriser un territoire à travers le développement agricole, la restauration des terres, la protection de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique.

Le programme BIMACO, consacré à la biodiversité marine et côtière, vise quant à lui à renforcer la conservation des écosystèmes littoraux mauritaniens et à soutenir les mécanismes de financement durable de la protection environnementale.

Le défi de la mise en œuvre et de la durabilité
Au-delà des montants engagés, l’AFD insiste désormais sur un enjeu majeur : la capacité à transformer les financements en impacts durables.
Ignace Monkam-Daverat a souligné que l’agence travaille avec les maîtres d’ouvrage nationaux en fonction de leurs capacités opérationnelles, avec un objectif de renforcement institutionnel. Selon lui, les différences de capacités entre structures peuvent expliquer les écarts de rythme dans l’exécution des projets.

« L’enjeu est que l’appui apporté par la France à la Mauritanie au travers de l’AFD bénéficie aussi au renforcement des capacités des différentes entités chargées de mettre en œuvre les projets », a-t-il expliqué.

Des mécanismes stricts de contrôle financier
Concernant la gestion des financements, le directeur de l’AFD a rappelé que chaque projet fait l’objet d’un processus de contrôle à plusieurs niveaux.

Les procédures de passation des marchés doivent respecter à la fois la réglementation nationale et les directives de l’AFD. Les demandes de décaissement font ensuite l’objet de vérifications avant validation, tandis que des audits financiers et techniques sont réalisés chaque année par des cabinets internationaux.

Pour l’agence, ces mécanismes permettent de garantir la traçabilité des fonds et d’assurer une utilisation conforme aux objectifs fixés.
Mesurer l’impact sur le terrain
L’AFD affirme vouloir davantage mettre en avant les résultats concrets de ses interventions.

Ignace Monkam-Daverat a notamment cité les projets dans le secteur de l’eau, qui ont contribué à améliorer l’accès à l’eau potable pour près de 140 000 personnes à travers les programmes en cours.

Il a également évoqué plusieurs infrastructures visibles sur le terrain, notamment des systèmes hydrauliques alimentés par énergie solaire et la centrale solaire de Kiffa, financée par l’AFD.

Pour le responsable de l’agence, la question centrale reste celle de l’impact réel pour les populations : réduction des distances parcourues pour accéder à l’eau, amélioration des conditions de vie et renforcement de la résilience des territoires.

Une coopération appelée à évoluer
Pour les prochaines années, l’AFD entend poursuivre son accompagnement autour des priorités définies avec la Mauritanie : éducation, formation professionnelle, entrepreneuriat, souveraineté alimentaire, infrastructures stratégiques et adaptation climatique.

La prochaine étape sera donc de consolider la qualité d’exécution des projets et leur durabilité, afin que les investissements engagés produisent des effets au-delà de la durée des programmes.

Financial Afrik Premium