Le Zimbabwe a enregistré une progression de 27 % du volume de ses exportations de minéraux au premier semestre 2025, totalisant environ 2,4 millions de tonnes pour une valeur de 1,395 milliard USD, selon la Minerals Marketing Corporation of Zimbabwe (MMCZ). Cette performance, en hausse par rapport aux 1,9 million de tonnes exportées l’année précédente, témoigne de la résilience du secteur minier zimbabwéen face à un marché mondial fragilisé par la baisse des prix de plusieurs matières premières.
Le secteur, qui représente 80 % des exportations nationales et 12 % du PIB, reste un pilier stratégique de l’économie du pays, a annoncé le 22 juillet la Minerals Marketing Corporation of Zimbabwe (MMCZ), lors de la publication de ses derniers chiffres pour le premier semestre 2025 .
Cette croissance s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 1 (NDS1) qui cible la valorisation de cinq ressources clés : l’or, les métaux du groupe du platine, le chrome, le diamant et le charbon. Le président Emmerson Mnangagwa a salué la dynamique du secteur, rappelant que les recettes minières sont passées de 2,8 milliards USD en 2018 à près de 12 milliards USD en 2025. Toutefois, les exportations ont souffert d’une baisse de valeur globale, en raison notamment de la faiblesse persistante des marchés du lithium, du ferrochrome et des diamants bruts, malgré la vigueur relative des prix de l’or et du platine.
Le pays doit cependant faire face à des défis logistiques majeurs. La dépendance au transport routier, conjuguée à l’obsolescence du réseau ferroviaire national (NRZ), entrave l’acheminement efficace des minéraux vers les ports d’exportation. Cette situation augmente les coûts, fragilise la compétitivité des producteurs zimbabwéens face à leurs homologues régionaux, et expose les exportateurs à des pénalités liées au non-respect des délais portuaires. Pour améliorer la situation, des investissements dans la logistique, ainsi qu’une réforme des politiques d’exportation — notamment une éventuelle interdiction du minerai de chrome brut — sont à l’étude.
Enfin, les autorités s’inquiètent des impacts environnementaux croissants liés à l’exploitation du chrome et du granit, accusés de dégrader les sols, les cours d’eau et les écosystèmes. Le directeur général de la MMCZ, Dr Moyo, appelle à un renforcement des contrôles environnementaux et à une meilleure réhabilitation des sites miniers. Ce double enjeu — économique et écologique — souligne la nécessité d’un développement minier plus durable, dans la perspective de la Vision 2030, qui ambitionne de faire du Zimbabwe une économie à revenu intermédiaire supérieur.



