L’Association du transport aérien international (IATA) appelle les gouvernements africains à faire de l’aviation un levier prioritaire de croissance économique, de développement social et de connectivité. Avec une contribution estimée à 75 milliards USD au PIB du continent et 8,1 millions d’emplois soutenus, le secteur aérien africain est en pleine expansion, avec un taux de croissance attendu de 4,1 % par an d’ici 2044. « Le soutien de l’aviation sous-tend l’emploi, le commerce et le tourisme », souligne Somas Appavou, directeur régional de l’IATA pour l’Afrique.
Au cours d’une conférence virtuelle consacrée à l’Afrique, ce mercredi 30 juillet, l’organisation internationale a défini trois priorités clés : d’abord, l’amélioration de la sûreté et de la sécurité. Malgré des progrès, le taux d’application des normes SARPS de l’OACI reste inférieur à la moyenne mondiale, à 59,49 %. L’IATA exhorte les États à combler cet écart en mettant en œuvre pleinement les normes de sécurité et en produisant les rapports d’accident dans les délais requis. Elle recommande l’usage accru d’outils comme l’Audit IOSA et l’évaluation ISSA pour renforcer la surveillance réglementaire.
Deuxième priorité : la réduction des taxes et redevances, qui sont en Afrique 15 % plus élevées que la moyenne mondiale. Selon l’IATA, une fiscalité excessive freine la demande et entrave le développement. Les redevances devraient être mieux coordonnées avec les besoins de l’industrie pour favoriser des infrastructures durables, rentables et adaptées à la croissance future.
Enfin, l’IATA met en garde contre les fonds bloqués des compagnies aériennes, qui atteignent 1 milliard USD en Afrique, représentant 73 % du total mondial. Cette situation nuit à la connectivité, pousse les compagnies à réduire leurs opérations et enfreint les accords internationaux. À cela s’ajoute l’appel de l’IATA à soutenir le régime mondial de compensation carbone CORSIA, et à éviter les initiatives fiscales fragmentées qui pourraient nuire aux efforts mondiaux de durabilité.



