À la fin avril 2025, 1,3 milliard USD de fonds des compagnies aériennes était toujours bloqué par les gouvernements à travers le monde, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Parmi ce total, 85 % (soit plus de 1,1 milliard USD) concernent la région Afrique et Moyen-Orient (AME), soulignant une problématique persistante qui freine le secteur aérien africain.
Le Mozambique s’est hissé au premier rang des pays détenteurs de fonds bloqués, avec 205 millions USD retenus, en forte augmentation par rapport aux 127 millions enregistrés en octobre 2024. L’Afrique de l’Ouest suit avec 191 millions USD, puis l’Algérie (178 millions), l’Angola (84 millions), l’Érythrée (76 millions), le Zimbabwe (68 millions) et l’Éthiopie (44 millions).
Kamil Al-Awadhi, vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a souligné que la situation reste critique sur le continent, où 29 pays affichent encore des fonds bloqués. Il note toutefois une légère amélioration globale, les fonds ayant diminué par rapport aux 1,7 milliard USD enregistrés en octobre 2024.
« Le problème est moins concentré qu’auparavant, mais réparti sur plusieurs pays, ce qui complique sa résolution », a-t-il expliqué.
Pour le directeur général de l’IATA, Willie Walsh, assurer le rapatriement rapide des revenus est crucial afin que les compagnies aériennes puissent couvrir leurs dépenses en dollars et maintenir leurs opérations.
« Les retards et les refus violent les accords bilatéraux et augmentent les risques de change. Les gouvernements doivent se rendre compte qu’il est difficile pour les compagnies aériennes de maintenir la connectivité lorsque le rapatriement des revenus est refusé ou retardé », a-t-il ajouté.
Réunie le 1er juin 2025 à Delhi pour sa 80e assemblée générale annuelle, l’IATA a souligné que cette situation continue de peser lourdement sur l’industrie aérienne mondiale. L’organisation a appelé les gouvernements à respecter leurs engagements internationaux afin de permettre aux compagnies aériennes d’accéder librement à leurs revenus.
L’Association a également salué les efforts de certains États, notamment le Nigeria, qui a réussi à résoudre son problème de fonds bloqués après avoir atteint un pic de 850 millions USD en 2023-2024.



