Vendredi 18 septembre 2026

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Quand Air Sénégal lâche Barcelone pour Ouagadougou : éloge à l’austérité

C’est une leçon d’austérité que semble avoir retenue Air Sénégal. La compagnie aérienne nationale, sous la direction de Tidiane Ndiaye, son tout nouveau Directeur général, découvre enfin (espérons-le, pas trop tard) les vertus des dessertes sous-régionales, bien moins coûteuses que les prestigieuses mais peu rentables liaisons long-courrier telles que Dakar-New York. À peine arrivé, le…

C’est une leçon d’austérité que semble avoir retenue Air Sénégal. La compagnie aérienne nationale, sous la direction de Tidiane Ndiaye, son tout nouveau Directeur général, découvre enfin (espérons-le, pas trop tard) les vertus des dessertes sous-régionales, bien moins coûteuses que les prestigieuses mais peu rentables liaisons long-courrier telles que Dakar-New York. À peine arrivé, le nouveau DG a décidé de supprimer la ligne Barcelone et de renforcer les dessertes vers Ouagadougou.

Selon les informations de L’Observateur, cette décision fait partie d’un plan plus large visant à rationaliser les ressources, compte tenu de l’insuffisance de la flotte et du manque de rentabilité de certaines routes. Jusqu’ici, Air Sénégal desservait 21 destinations. À partir du 20 septembre, six d’entre elles disparaîtront du calendrier : New York, Barcelone, Marseille, Lisbonne, Douala, et Libreville. Ces six lignes, déficitaires, représentaient 21 % du chiffre d’affaires de la compagnie. Toutefois, cette baisse devrait être compensée par le potentiel des nouvelles lignes sur les axes Dakar-Ouagadougou, Bamako-Ouagadougou, Bamako-Abidjan, et Abidjan-Cotonou.

Des simulations effectuées par des experts estiment que l’exploitation de ces nouvelles liaisons pourrait générer environ 15 % de revenus supplémentaires. En réalité, la ligne Dakar-Ouagadougou présente un profil de rentabilité supérieur à celui de Dakar-Barcelone. Non seulement les coûts d’exploitation sont moins élevés, mais le différentiel de prix des billets est également plus favorable pour les liaisons sous-régionales.

D’un point de vue financier, les économies sont conséquentes : la fermeture des lignes vers New York, Barcelone, Marseille, Lisbonne, Douala, et Libreville devrait réduire les charges d’exploitation mensuelles de la compagnie de 3,4 milliards de FCFA en moyenne. À titre d’illustration, les coûts mensuels de ces lignes sont estimés à 1,45 milliard de FCFA pour New York, 331 millions de FCFA pour Douala, 391 millions de FCFA pour Libreville, 522 millions de FCFA pour Milan, 377 millions de FCFA pour Marseille, et 311 millions de FCFA pour Barcelone.

Au-delà de ces économies directes, la réduction des charges d’assistance au sol et des coûts de prise en charge du personnel navigant, souvent contraint de séjourner plusieurs jours à l’étranger avant de pouvoir regagner Dakar, contribuera également à améliorer les finances de la compagnie. Air Sénégal anticipe, au total, une réduction des pertes mensuelles de l’ordre de 3,6 milliards de FCFA grâce à la suppression de ces six lignes.

En somme, la réorientation stratégique d’Air Sénégal vers des dessertes plus compétitives et une gestion plus rigoureuse de ses ressources pourrait bien être salutaire. Le défi reste néanmoins de taille : réussir à équilibrer l’ambition de développer un réseau aérien national robuste tout en évitant l’écueil d’une expansion internationale prématurée et coûteuse.

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