Le groupe nucléaire français Orano envisage de céder ses actifs d’uranium au Niger, sur fond de relations de plus en plus tendues avec les autorités militaires au pouvoir depuis le coup d’État de juillet 2023, rapporte le Financial Times.
Détenu à 90 % par l’État français, Orano exploite depuis plusieurs décennies des sites d’extraction dans le nord du pays, notamment à Arlit et Imouraren, dans le cadre de coentreprises avec l’État nigérien. L’uranium nigérien est crucial pour la France, qui en dépend à hauteur de 20 % pour son parc nucléaire.
En juin 2024, les autorités nigériennes ont retiré à Orano ses droits d’exploitation sur le site d’Imouraren, considéré comme l’un des plus grands gisements d’uranium non exploités à ce jour. Par ailleurs, l’interruption des paiements dans les coentreprises et la suspension des exportations d’uranium ont conduit à l’arrêt partiel des activités du groupe dans le pays.
Orano a engagé une procédure d’arbitrage international. Parallèlement, une opération des services de renseignement nigérians dans les bureaux de la société à Niamey a conduit à l’arrestation d’un responsable local, selon des sources proches du dossier.
Cette éventuelle cession intervient dans un contexte où les géants miniers et pétroliers cherchent à se repositionner stratégiquement en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays, dont le Niger et le Mali, ont annoncé leur volonté de réviser leurs partenariats internationaux. Dans ce cadre, des réformes du code minier ont été amorcées, visant notamment à renforcer la participation de l’État et à accroître les retombées économiques nationales issues des ressources naturelles.
Le Niger est un acteur clé de la production mondiale d’uranium, représentant environ 5 % de la production globale. Ses mines majeures, Arlit et Imouraren, sont exploitées en partenariat avec des groupes internationaux comme Orano. Par ailleurs, d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, tels que le Mali et le Burkina Faso, disposent de gisements importants encore peu exploités.



