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Or pillé au Gabon : une opération démantèle un réseau sino-africain et gèle l’orpaillage national

Du 15 au 19 juin 2026, une mission conjointe armée et civile a investi le site aurifère de Punga, dans la province de la Ngounié, mettant fin à une exploitation clandestine d’envergure semi-industrielle. L’opération, baptisée Ekura, s’est soldée par 55 arrestations et la saisie d’un arsenal logistique révélateur. Le paradoxe est saisissant. Le site de…

Du 15 au 19 juin 2026, une mission conjointe armée et civile a investi le site aurifère de Punga, dans la province de la Ngounié, mettant fin à une exploitation clandestine d’envergure semi-industrielle. L’opération, baptisée Ekura, s’est soldée par 55 arrestations et la saisie d’un arsenal logistique révélateur.

Le paradoxe est saisissant. Le site de Punga est une concession attribuée en bonne et due forme au marocain Managem-Gabon. Pourtant, des individus non autorisés s’y étaient installés durablement, équipés d’engins lourds, de véhicules de chantier, de moules à lingots et de balances de précision. L’organisation relevait d’une logistique professionnelle, active selon les enquêteurs depuis plusieurs années. Ce n’est qu’en mai 2026 que Managem-Gabon a tiré la sonnette d’alarme, après avoir constaté une recrudescence inhabituelle des activités sur son périmètre.

La chaîne de réaction a ensuite fonctionné rapidement. Le ministère des Mines a alerté la présidence, qui a ordonné l’intervention des forces de défense, en appui aux agents civils du département de l’Ogoulou.

Au terme de l’opération, 55 personnes ont été interpellées : 28 ressortissants chinois, 21 Gabonais, deux Camerounais, trois Ghanéens et un Burkinabè. La composition du groupe est en elle-même un aveu. Il ne s’agissait pas d’orpailleurs artisanaux de subsistance, mais d’un réseau transnational structuré, aux ramifications encore à établir. Les premières auditions ont débuté dès le vendredi suivant l’opération. La présentation des mis en cause au parquet devait intervenir dans les jours suivants.

La portée de l’opération Ekura a immédiatement débordé le cadre local. Dès le 23 juin 2026, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a annoncé la suspension provisoire de toutes les activités de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle sur l’ensemble du territoire national. Une mesure de choc, sans précédent dans l’histoire minière récente du pays, qui traduit l’ampleur du chantier de remise en ordre.

Le secrétaire général du ministère, le général de division Adolphe Yonghan, a évoqué l’existence d’activités minières irrégulières et clandestines impliquant notamment des ressortissants étrangers, en violation des lois gabonaises, et ayant causé des atteintes graves à l’ordre public, à l’environnement et aux intérêts économiques de l’État.

Le message des autorités à travers Ekura est double. Il s’adresse aux réseaux clandestins, avec une promesse de tolérance zéro. Mais il vise aussi les investisseurs légaux du secteur. Managem a récemment officialisé un investissement de 85,2 milliards de FCFA (environ 147 millions USD) dédié à ses projets gabonais. Tolérer le pillage de ses concessions reviendrait à fragiliser directement ce type d’engagement. Pour le gouvernement de transition, qui mise sur la diversification hors pétrole, l’or doit désormais figurer au bilan national, et non disparaître dans des circuits opaques hors de toute traçabilité fiscale.

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