Avec un cours au sommet, le métal précieux permet au Burkina Faso de contenir les tensions économiques nées de l’insécurité et de financer sa stratégie nationale de développement.
En 2025, la production du pays s’est établie à 94 tonnes, en forte hausse par rapport à l’année précédente où elle avait atteint une soixantaine de tonnes. Une année historique donc avec un bon de plus de 30 tonnes. Le Burkina Faso confirme ainsi son statut de grand producteur ouest-africain derrière le Ghana dont la production tourne autour de 130 tonnes. Il dépasse désormais le Mali.
Emirats Arabes Unis, premier client
Ces performances permettent de répondre aux défis de l’insécurité. Le secteur aurifère représente près de 80% des recettes d’exportation et contribue à 20% du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays. Ce secteur a littéralement bondi à la faveur d’une successions de lois et de codes miniers ayant favorisé la mise en exploitation de nombreuses mines industrielles et artisanales, mais aussi des nationalisations. Il existe au Burkina Faso, une vingtaine de mines industrielles et une quinzaine de mines artisanales à travers tout le territoire. Ce à quoi s’ajoute des productions, plus confidentielles, issues des activités d’orpaillage.
Cette production est exportée vers deux principales destinations que sont la Suisse et surtout les Emirats Arabes Unis, devenu un partenaire de référence pour Ouagadougou, notamment dans l’achat d’armements et d’équipements militaires destinés à accompagner la lutte contre le terrorisme.
Réserves nationales
Ces chiffres suivent l’évolution d’un secteur mondial en plein dynamisme au regard des tensions géopolitiques mondiales. Proche des 50.000 $ en début 2021, le lingot d’un kilo d’or a dépassé les 120.000 $ l’an dernier, soit près de 800 milliards de FCFA (1,3 milliard $) en 2025 pour Ouagadougou. Le cours excède actuellement 137.000$.
Ces chiffres répondent également à la politique minière volontariste de la junte burkinabè. A sa tête depuis 2021, Ibrahim Traoré a fait de l’exploitation aurifère une priorité au point de constituer, en 2024, une réserve nationale d’or en vue de renforcer la souveraineté monétaire du pays.
Ces réserves sont constituées par la Société nationale des substances précieuses (Sonasp). Autre signe d’une souveraineté souhaitée : l’Etat a repris la tête de plusieurs mines emblématiques depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré via la Société de Participation Minière du Burkina (Sopamib), bras armé de l’État.
Alexandre Varel



