Le canadien Barrick Gold a annoncé avoir scellé un accord avec le gouvernement malien visant à résoudre l’ensemble des différends liés au complexe aurifère stratégique de Loulo-Gounkoto. L’annonce a « immédiatement fait progresser le titre » à Toronto, qui a gagné jusqu’à 2,6 %.
Selon le communiqué de la société publié ce lundi 24 novembre,, Barrick abandonnera sa procédure d’arbitrage engagée auprès du tribunal du Centre international pour le règlement des différends liés à l’investissement (CIRDI), tandis que l’État malien renoncera à toutes les poursuites visant Barrick et ses filiales. Le gouvernement s’engage également à libérer quatre employés détenus et à restituer à Barrick le contrôle opérationnel de la mine.
L’accord comprend également une prolongation de dix ans du permis minier, tandis que Barrick a accepté d’adhérer au Code minier de 2023, ont indiqué à Financial Afrik deux sources proches des négociations. Ce rapprochement marque l’aboutissement de nouvelles discussions initiées après une correspondance adressée par le PDG intérimaire Mark Hill aux autorités maliennes.
Vers un désengagement progressif de Barrick
Selon Martin Pradier, analyste chez Veritas Investment Research interrogé par reuters, cette résolution pourrait annoncer à terme un désengagement progressif de Barrick du Mali. Et de poursuivre que le nouveau cadre réglementaire ne corrige pas les faiblesses de l’ancien code, rendant l’environnement opérationnel difficile pour un acteur d’envergure internationale.
A rappeler que les tensions entre les deux parties remontent à deux ans, autour de l’interprétation et de l’application du nouveau code minier, qui renforce la part de l’État dans les revenus aurifères alors que l’or évolue à des niveaux historiquement élevés. Ce bras de fer avait culminé avec la saisie par l’État malien de trois tonnes d’or en début d’année et la nomination d’un administrateur provisoire, obligeant Barrick à comptabiliser près d’un milliard de dollars de pertes sur la mine. Ces évènements avaient également précipité le départ de l’ancien PDG, Mark Bristow.
Avant ces développements, le complexe de Loulo-Gounkoto figurait parmi les actifs les plus performants du portefeuille de Barrick, générant environ 900 millions de dollars de revenus en 2024.



