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Lettre minière de FA : Simandou, or, Barrick, Mali, Guinée, Afrique du Sud…

Les marchés des métaux restent contrastés : l’or touche des records, le zinc et l’aluminium progressent, le cuivre se stabilise, tandis que le lithium corrige. En Afrique, les États affirment leur souveraineté minière à travers nationalisations et nouvelles régulations, alors que les grands projets (Simandou, Loulo-Gounkoto, zones transfrontalières) suscitent autant d’espoirs que de tensions. Or…

Les marchés des métaux restent contrastés : l’or touche des records, le zinc et l’aluminium progressent, le cuivre se stabilise, tandis que le lithium corrige. En Afrique, les États affirment leur souveraineté minière à travers nationalisations et nouvelles régulations, alors que les grands projets (Simandou, Loulo-Gounkoto, zones transfrontalières) suscitent autant d’espoirs que de tensions.


Or au sommet historique


Le métal jaune évolue autour de 3 640 $/once, proche de ses plus hauts niveaux. Cette stabilité haussière reflète l’attente d’une baisse des taux par la Fed et la recherche de valeurs refuges dans un contexte mondial incertain. Pour les États africains, la priorité reste la lutte contre la contrebande et une fiscalité mieux captée. Les investisseurs privilégieront les producteurs africains à bas coûts, qui profitent directement de la flambée des prix.

Zinc porté par la galvanisation

Le zinc se négocie à environ 2 950 $/t, en hausse modérée sur un mois. Sa demande reste tirée par la galvanisation dans la construction et les infrastructures. Les États africains gagneraient à développer des raffineries locales pour transformer le minerai. Pour les investisseurs, les perspectives demeurent positives à moyen terme, soutenues par la demande industrielle et énergétique.

Fer stabilisé au-dessus de 100 $/t

Le minerai de fer (62 % CFR Chine) s’échange entre 105 et 108 $/t, soutenu par les besoins de l’industrie sidérurgique. Le projet Simandou en Guinée, encore retardé, reste stratégique à long terme. Les gouvernements africains doivent investir dans le ferroviaire et le portuaire pour valoriser leurs réserves. Les investisseurs doivent rester prudents à court terme mais anticiper des gains sur des actifs adossés à de solides infrastructures.

Aluminium en progression douce

Les prix de l’aluminium oscillent autour de 2 650–2 700 $/t, en légère hausse hebdomadaire. Cette progression s’explique par la hausse des coûts énergétiques et la demande de l’aéronautique. Les pays africains producteurs de bauxite, comme la Guinée, doivent promouvoir la transformation en alumine et aluminium. Les investisseurs trouveront un potentiel de croissance dans les projets intégrés de la filière.

Bauxite stable mais stratégique


La bauxite reste stable autour de 75 $/t, peu volatile comparée à l’aluminium. Son importance vient de son rôle incontournable dans la chaîne de valeur industrielle. Pour les États africains, l’enjeu est d’imposer des quotas de transformation locale. Les investisseurs, eux, privilégieront les contrats long terme avec clauses d’indexation pour réduire les risques de marché.

Cuivre en consolidation

Le cuivre se traite autour de 10 000 $/t, après une forte hausse au cours des derniers mois. Sa consolidation reflète la prudence sur la demande mondiale. Pour les États africains (Zambie, RDC), il est crucial d’attirer des fonderies et d’intégrer plus de valeur ajoutée localement. Les investisseurs restent confiants sur le long terme, le cuivre étant au cœur de la transition énergétique et électrique.

Lithium sous pression en Chine

Le carbonate de lithium s’échange autour de 9 900 $/t, en baisse d’environ 3 % sur la semaine. L’offre accrue en Chine et la prudence des acheteurs pèsent sur le marché. Les États africains (Zimbabwe, RDC, Mali) doivent encadrer les contrats pour maximiser les bénéfices locaux. Pour les investisseurs, la volatilité est forte, mais les projets proches de la production en Afrique restent très attractifs.


5 lignes — tendances de la semaine

  • Or : proche des records, soutenu par les attentes monétaires.
  • Zinc : progression régulière grâce à la demande en galvanisation.
  • Fer : au-delà de 100 $/t, dans l’attente des exports de Simandou.
  • Aluminium : légère hausse portée par l’aéronautique et l’énergie.
  • Lithium : nouvelle correction sur fond de surcapacité temporaire en Chine.

Afrique — faits marquants pays

RDC & Rwanda — Accord minier transfrontalier
Les deux pays préparent un accord sur la traçabilité et la formalisation du commerce de l’or, du cuivre, du cobalt et du lithium. Objectif : instaurer des zones économiques conjointes et respecter les normes OCDE. Pour les investisseurs, c’est un signal de sérieux, même si l’exécution et la stabilité politique restent des défis.

Mali — Bras de fer autour de Loulo-Gounkoto
Hilaire Diarra, ancien directeur général de la mine d’or Tongon de Barrick en Côte d’Ivoire, a été nommé conseiller spécial de la présidence malienne, marquant une volonté politique d’influencer le contentieux autour du complexe Loulo-Gounkoto. Cette évolution confirme le renforcement du contrôle étatique. Les investisseurs doivent s’attendre à des rapports de force plus tendus avec les multinationales.

Guinée — Simandou suspendu après accident
Les travaux du méga-projet de minerai de fer Simandou sont suspendus depuis fin août à la suite d’un accident mortel. Le PDG de Rio Tinto a été reçu par le président Doumbouya pour discuter des suites. Le calendrier des premières exportations, prévues en novembre 2025, pourrait être impacté. La sécurité et la gouvernance restent des enjeux cruciaux.

Afrique du Sud — L’or booste les marges
La flambée du prix de l’or profite aux producteurs sud-africains, qui voient leurs marges gonfler. Dans un pays où les coûts de production sont élevés, cette manne permet de compenser les défis énergétiques et sociaux. Les autorités encouragent l’investissement mais restent vigilantes sur la sécurité des mines.

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