Le gouvernement du Zimbabwe a décidé de renforcer le contrôle national de son secteur aurifère en réservant désormais l’exploitation de l’or à petite et moyenne échelle aux seuls citoyens zimbabwéens. Annoncée le 22 mai 2026 lors d’une conférence de presse, cette réforme marque une nouvelle étape dans la politique minière du pays, dans un contexte où les autorités cherchent à accroître la participation des acteurs locaux à l’exploitation des ressources naturelles et à limiter l’influence des investisseurs étrangers dans les mines artisanales et semi-industrielles.
Le ministre des Mines et du Développement minier, Polite Kambamura, a précisé qu’aucun ressortissant étranger, aucune entreprise sous contrôle étranger ni aucun bénéficiaire effectif étranger ne sera autorisé à acquérir, détenir ou contrôler des titres d’exploitation aurifère à petite échelle. Les investisseurs étrangers ne pourront pas non plus participer, directement ou indirectement, à la gestion ou à l’exploitation de ces activités minières réservées aux nationaux.
Les autorités zimbabwéennes interdisent également tout accord susceptible de transférer le contrôle des exploitations concernées à des intérêts étrangers. Selon le ministre, les accords de redevance, les coentreprises, les consortiums et les partenariats destinés à contourner la réglementation seront considérés comme illégaux. Le gouvernement prévient par ailleurs que toute structure de prête-nom, toute propriété par procuration ou toute propriété effective non déclarée pourra entraîner l’annulation des titres miniers concernés.
Dans le cadre de cette nouvelle politique, les mines d’or à petite échelle sont définies comme des exploitations produisant jusqu’à 20 kilogrammes d’or par mois ou représentant des investissements inférieurs à 15 millions de dollars américains. Les opérateurs liés à des capitaux étrangers disposent d’un délai jusqu’au 1er janvier 2027 pour restructurer leur actionnariat, régulariser leur situation ou basculer vers l’exploitation minière à grande échelle.
Toutes les personnes physiques et morales actives dans ce segment devront également se soumettre à un réenregistrement obligatoire auprès du ministère des Mines avant le 1er janvier 2027. Cette procédure comprendra notamment la vérification de la nationalité des propriétaires, de la propriété effective, ainsi que du respect des normes environnementales, fiscales et sociales. Le gouvernement impose en outre que 98 % des postes de cadres supérieurs et intermédiaires au sein des mines soient occupés par des ressortissants zimbabwéens.
À travers cette réforme, les autorités zimbabwéennes affirment vouloir renforcer l’autonomisation économique des citoyens, lutter contre les pratiques de propriété dissimulée et améliorer la gouvernance du secteur aurifère. Le ministre Polite Kambamura a également indiqué que le gouvernement assurerait un suivi des actifs aurifères inactifs détenus par des investisseurs étrangers afin de limiter les détentions spéculatives et d’encourager le développement effectif des projets miniers au Zimbabwe.



