Le Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO, une nouvelle instance appelée à jouer un rôle central dans la réforme du ciel ouest-africain, a été officiellement lancé ce jeudi 2 juillet à Lomé. L’ouverture des travaux, qui prennent fin ce vendredi, a été marquée par des interventions de Damtien Larbli Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, et de Komlan Loukou-Kadjé, ministre togolais des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales.
Les discussions portent notamment sur la réduction des coûts supportés par les passagers, la rationalisation de certaines taxes jugées excessives, ainsi que sur une meilleure transparence dans la fixation des charges aéroportuaires.
En effet, derrière la volonté affichée par la CEDEAO de rendre le transport aérien plus accessible, un constat s’impose : en Afrique de l’Ouest, le prix du billet reste plombé par une accumulation de charges et de taxes. Au poids des prélèvements appliqués au transport aérien, s’ajoutent d’autres coûts de structure : frais de navigation, coût du carburant et charges d’exploitation supportées par les compagnies, entre autres.
« L’Afrique reste la région du monde où voyager par avion coûte le plus cher, et l’Afrique de l’Ouest y occupe l’une des dernières places », a reconnu le ministre togolais.
Selon les orientations présentées lors des échanges, la réforme pourrait contribuer, à terme, à alléger sensiblement le prix des billets (voire de 40%) et à stimuler les déplacements dans la sous-région. Pour la CEDEAO, l’enjeu dépasse le seul secteur aérien. Il s’agit aussi de soutenir le commerce, le tourisme, l’investissement et la libre circulation des personnes, tout en améliorant la connectivité entre les États membres.
En rappel, c’est le 15 décembre 2024 que les chefs d’États de la région ont adopté, à Abuja, l’Acte Additionnel A/SA.2/12/24, relatif à la Politique Commune en matière de redevances et de taxes sur le transport aérien. Cet acte prévoit la suppression de quatre taxes qui ne contribuent pas directement au développement du secteur, à savoir, la taxe sur les billets, la taxe dite de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger. Il prévoit également la réduction d’au moins 25 % de deux redevances jugées excessives : la redevance passagère et la redevance de sûreté.



