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Le Rwanda mise 499 millions USD sur l’aéroport de Bugesera malgré les alertes du FMI

Le gouvernement rwandais a approuvé une enveloppe additionnelle de 699 milliards de francs rwandais (499 millions USD) dans son budget 2025/2026 pour financer le développement de l’aéroport international de Bugesera, situé en périphérie de Kigali. Ce projet structurant, soutenu financièrement par l’État du Qatar, représente l’un des plus grands investissements d’infrastructure du pays. Selon les…

Le gouvernement rwandais a approuvé une enveloppe additionnelle de 699 milliards de francs rwandais (499 millions USD) dans son budget 2025/2026 pour financer le développement de l’aéroport international de Bugesera, situé en périphérie de Kigali. Ce projet structurant, soutenu financièrement par l’État du Qatar, représente l’un des plus grands investissements d’infrastructure du pays.

Selon les autorités, le coût global de l’aéroport est désormais estimé à environ 2 milliards USD, soit une hausse par rapport aux estimations initiales, en raison notamment de retards logistiques et de livraison de matériaux. La date d’achèvement a été repoussée à 2028, contre 2026 précédemment.

L’aéroport de Bugesera est au cœur de la stratégie nationale visant à positionner Kigali comme un hub régional du transport aérien et du commerce, en complément du développement de la compagnie nationale RwandAir, qui poursuit l’expansion de ses liaisons.

Conçu pour devenir un hub régional alternatif à Addis-Abeba, le nouvel aéroport comprendra un terminal passagers de 130 000 m², capable d’accueillir 7 millions de voyageurs dès 2028, puis 14 millions d’ici 2032 grâce à une seconde phase. Un terminal de fret, pouvant traiter 150 000 tonnes par an, est également prévu.

Ce projet soulève des inquiétudes, notamment celles du Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit que le financement de Bugesera pourrait porter la dette publique du Rwanda à 86,3 % du PIB d’ici 2026, accentuant la pression sur le service de la dette, malgré des réformes fiscales en cours. Le FMI appelle à une vigilance accrue face aux risques de dépassements budgétaires sur les projets majeurs.

La contribution directe du Rwanda reste incertaine, mais avec 40 % du capital à mobiliser, Kigali pourrait devoir lever près d’un milliard de dollars, sans compter les infrastructures de soutien nécessaires.

Financial Afrik Premium