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Le Malawi interdit l’exportation de minerais bruts pour stimuler la transformation locale

Face à la faible rentabilité tirée de l’exportation de ses ressources à l’état brut, le gouvernement du Malawi opte pour un changement stratégique : transformer sur place pour créer plus de valeur. C’est dans cette logique que le président Peter Mutharika a publié un décret interdisant l’exportation de minerais non transformés, marquant ainsi une étape…

Peter Mutharika

Face à la faible rentabilité tirée de l’exportation de ses ressources à l’état brut, le gouvernement du Malawi opte pour un changement stratégique : transformer sur place pour créer plus de valeur. C’est dans cette logique que le président Peter Mutharika a publié un décret interdisant l’exportation de minerais non transformés, marquant ainsi une étape décisive vers une industrialisation fondée sur la valorisation locale.

Publié samedi et daté du 23 octobre 2025, le décret réaffirme la volonté du gouvernement de « garantir le développement durable des ressources minérales tout en stimulant la croissance de l’économie nationale par la création de valeur ajoutée et l’industrialisation ».

Cette interdiction, entrée en vigueur depuis le 21 octobre 2025, s’applique à tous les minéraux extraits au Malawi, notamment l’uranium, les terres rares, le niobium, le graphite, le tantale, la bauxite, le charbon, le calcaire, les pierres précieuses, le cuivre, l’or et les diamants.

Pour le président Mutharika, ce décret vise avant tout à rompre avec le modèle d’exportateur de matières premières brutes qui prive le pays des bénéfices réels de son sous-sol. En interdisant l’exportation des minerais non transformés, Lilongwe espère stimuler la transformation locale, favoriser la création d’emplois et augmenter les recettes publiques issues du secteur minier.

Le gouvernement entend ainsi replacer le Malawi dans une dynamique où la richesse tirée des ressources naturelles profite d’abord à l’économie nationale.

En adoptant cette mesure, le Malawi s’inscrit dans une tendance africaine croissante visant à maîtriser la chaîne de valeur minière. Comme la Namibie, qui a restreint l’exportation du lithium et du graphite pour attirer des investisseurs dans le raffinage, ou la République démocratique du Congo (RDC), qui encourage la production locale de précurseurs pour batteries électriques, le pays cherche à favoriser la transformation sur son territoire plutôt qu’à dépendre des acheteurs étrangers.

Ce décret s’aligne sur la Vision Malawi 2063, le plan de développement à long terme du pays. Cette feuille de route ambitionne de transformer le Malawi en une économie industrialisée, autosuffisante et résiliente. Le secteur minier, encore marginal (moins de 1 % du PIB en 2023), est perçu comme un levier stratégique pour diversifier l’économie et soutenir la croissance inclusive.

L’interdiction ne concerne pas les minerais traités, raffinés ou valorisés au Malawi, conformément à la législation minière nationale. Cette disposition vise à encourager les investissements industriels, à renforcer les capacités locales de transformation et à accroître la compétitivité du pays sur le marché régional.

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