Le producteur de bauxite Axis International a engagé une procédure d’arbitrage de 29 milliards USD contre la Guinée. Le groupe minier accuse le gouvernement d’avoir révoqué illégalement sa licence minière, dans un contexte de durcissement des politiques minières dans plusieurs pays africains riches en ressources.
L’émirati Axis déclare avoir saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution affiliée à la Banque mondiale, après que les autorités guinéennes ont retiré son permis cette année, saisi du matériel et gelé des comptes bancaires.
La société indique avoir déposé sa plainte, le 25 décembre 2025, après l’échec de plusieurs tentatives de négociation avec le gouvernement. Le ministère guinéen des Mines n’a pas encore communiqué sur la décision.
Le gouvernement du président Mamadi Doumbouya, a, ces derniers mois, retiré plusieurs licences minières dans les secteurs de la bauxite, de l’or, du fer, du diamant et du graphite. Les autorités affirment vouloir accroître la valeur ajoutée locale et renforcer les retombées économiques des ressources naturelles.
Axis affirme que la révocation de son permis, intervenue en mai, s’est faite sans préavis ni consultation. L’entreprise conteste les accusations des autorités, qui disent cibler des projets jugés non opérationnels ou sous-exploités.
La Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, minerai clé pour l’aluminium, fournit environ un tiers de la production mondiale, selon l’US Geological Survey. La mine d’Axis dans la région de Boké, à 150 km de Conakry, exportait depuis 2020 et s’est classée deuxième exportateur du pays en 2024, avec une production attendue de 48 millions de tonnes en 2025 avant la révocation de sa licence.
Axis International détient 85 % de sa filiale locale Axis Minerals Resources, tandis que l’État guinéen possède une participation minoritaire. Le site est exploité en partenariat avec l’Alliance Guinéenne de Bauxite d’Alumine et d’Aluminium.
Le différend survient alors que la Guinée pousse les sociétés minières à investir dans la transformation locale, notamment le raffinage et la pelletisation, dans le cadre de son programme de développement à long terme « Simandou 2040 ».



