Le transport aérien mondial devrait atteindre 1 008 milliards de dollars en 2025, dépassant les précédentes prévisions de 979 milliards, selon les dernières estimations de l’Association internationale du transport aérien (IATA). L’organisation anticipe une nouvelle hausse en 2026, avec un chiffre d’affaires prévu de 1 053 milliards de dollars. Malgré cette croissance globale, l’Afrique se positionne comme la région la moins rentable.
Selon l’IATA, qui fédère 80 % du trafic aérien mondial, les compagnies africaines ne devraient dégager qu’un bénéfice net de 1,3 dollar par passager en 2026. Ce chiffre reste marginal comparé aux 28,6 dollars des transporteurs du Moyen-Orient (les plus performants), aux 10,9 dollars en Europe ou même aux 3,2 dollars en Asie-Pacifique.
Au niveau mondial, le secteur affiche pourtant une santé robuste. Le trafic passager continue sa reprise, frôlant 5 milliards de voyageurs en 2025, largement au-dessus du record d’avant la pandémie de COVID-19 (4,54 milliards en 2019). L’IATA prévoit que les compagnies aériennes pourraient réaliser un bénéfice historique de 39,5 milliards de dollars en 2025, contre 31,5 milliards en 2024. Les transporteurs du Golfe restent les plus rentables, suivis par les compagnies européennes, dont la marge nette (4,8 %) dépasse celle des nord-américaines (3,3 %).
Cette performance globale masque le défi structurel de la connectivité et de la rentabilité en Afrique. La faible marge par passager souligne les obstacles persistants : coûts opérationnels élevés, taxes importantes, infrastructures limitées et forte concurrence sur les routes internationales.
Pourtant, ce contraste met également en lumière le potentiel de croissance considérable du marché aérien africain. Alors que le trafic mondial bat des records, la rentabilité marginale des compagnies du continent appelle à des investissements stratégiques pour améliorer l’efficacité, développer les hubs régionaux et mieux intégrer l’Afrique dans le réseau aérien mondial en pleine expansion.



