C’est un feuilleton à rebondissements qui secoue la Guinée équatoriale depuis quelque temps. Les sept derniers directeurs de Ceiba Intercontinental, la compagnie nationale de transport aérien, font l’objet d’enquêtes pour détournements des ressources financières destinées au fonctionnement de la société.
Sur pratiquement 16 milliards de FCFA (environ 26 millions de dollars) litigieux, l’usage de 8 milliards de FCFA (environ 13 millions de dollars) a pu être prouvé par les mis en cause à travers la production des pièces justificatives, tandis que l’utilisation de 7 milliards de FCFA (12 millions de dollars) reste à prouver.
Selon l’enquête, la commission d’audit n’a pu « accéder aux archives logées dans un entrepôt », car non seulement « le propriétaire a verrouillé l’accès pour défaut de paiement par la compagnie, mais certaines archives ont été brûlées » rendant complexe, la suite des enquêtes. Déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer que des archives des entreprises publiques soient gardées dans des endroits privés. Une démarche qui, d’après des observateurs, constitue une volonté de spolier l’Etat avec la complicité de ses représentants.
Aussi, se demande-t-on, comment toutes les preuves pourraient être réunies pendant la période incriminée entre 2017-2022 et permettre la manifestation de la vérité d’autant qu’il revient à l’enquête de démêler l’écheveau de faux et usage de faux en écriture dans les contrats d’achat des pièces sans oublier des paiements ne correspondant pas aux destinataires puisque certaines preuves de détournements de fonds ont été certainement détruites dans un « incendie criminel ».
En tout état de cause, l’exploitation des archives devrait apporter plus de précisions sur ce dossier où la responsabilité pénale et économique des mis en cause est engagée.



