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Gouvernance minière : le Mali réforme son secteur aurifère pour mieux encadrer ses revenus

Le Mali a adopté, à l’unanimité au sein du Conseil national de transition, une loi portant création de l’Office malien des substances précieuses (OMASP). Cette nouvelle institution s’inscrit dans le cycle de réformes engagé depuis 2023 pour renforcer la gouvernance du secteur aurifère, premier produit d’exportation du pays. Selon les données de 2022, ce secteur…

La mine d’or de Syama, dans le sud du Mali. © Philip Mostert/Resolute Mining

Le Mali a adopté, à l’unanimité au sein du Conseil national de transition, une loi portant création de l’Office malien des substances précieuses (OMASP). Cette nouvelle institution s’inscrit dans le cycle de réformes engagé depuis 2023 pour renforcer la gouvernance du secteur aurifère, premier produit d’exportation du pays. Selon les données de 2022, ce secteur représentait 9,2 % du PIB national et environ 1,27 milliard de dollars, soit près de 763 milliards de FCFA, de recettes budgétaires. L’OMASP aura pour mission de superviser les comptoirs d’achat, les collecteurs et les exportateurs de métaux précieux.

Une réforme dans un contexte de baisse de la production

Cette réorganisation intervient dans un contexte de recul de l’activité industrielle. La production d’or est tombée à 48,2 tonnes en 2025, après des niveaux plus élevés les années précédentes. Cette baisse est notamment liée à des difficultés opérationnelles sur certains sites majeurs, dont Loulo-Gounkoto. Dans ce contexte, les autorités ont engagé un renforcement des mécanismes de contrôle du secteur.

La réforme s’appuie également sur les dispositions du nouveau Code minier. Selon les autorités, celui-ci a déjà permis, à la suite d’un audit, le recouvrement d’environ 1,27 milliard de dollars, soit près de 761 milliards de FCFA, au titre d’arriérés fiscaux dus par des compagnies minières opérant dans le pays.

Une stratégie axée sur la transformation locale

En parallèle du volet réglementaire, le Mali poursuit sa stratégie de transformation locale de l’or afin d’accroître la valeur ajoutée captée sur son territoire. La mise en place de l’OMASP complète ainsi le projet de raffinerie d’or de Sénou, lancé en juin 2025 avec un appui technique russe. D’après les informations communiquées, cette infrastructure disposerait d’une capacité théorique de traitement de 200 tonnes par an.

Les autorités présentent cette raffinerie comme un outil destiné à améliorer la traçabilité de l’or et à réduire les exportations de métal brut. L’objectif affiché est de renforcer les capacités nationales de transformation et de positionner le Mali sur ce segment à l’échelle régionale.

Formalisation et transparence

À travers ces réformes, Bamako cherche à mieux sécuriser les revenus tirés du secteur minier, dans un contexte de fluctuations de la production. L’un des principaux enjeux pour l’OMASP sera la formalisation du secteur artisanal, qui avait contribué à hauteur de 6 tonnes en 2022, tout en répondant aux exigences de transparence internationale.

L’ensemble de ces mesures constitue la base de la nouvelle politique minière du pays, avec pour objectif de mieux encadrer l’exploitation des ressources aurifères et d’en accroître les retombées économiques.

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