Fitch Solutions alerte sur la vulnérabilité de l’économie ghanéenne face à une possible baisse des prix mondiaux de l’or. Une situation qui contribuera significativement à fragiliser les réserves internationales du pays et déstabiliserait le cedi, renforçant les risques d’inflation et de ralentissement économique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Premier producteur africain et l’un des principaux au monde, le Ghana dépend fortement des recettes issues de l’or pour soutenir ses réserves de change et stabiliser sa monnaie. La récente envolée des cours, qui ont franchi le seuil historique de 3 300 USD l’once, a permis au pays de renforcer ses tampons extérieurs et de contenir les pressions inflationnistes.
Cependant, dans ses dernières perspectives de risque pays publiées en juin 2025, le cabinet d’analyse britannique Fitch Solutions avertit qu’un retour à des politiques commerciales plus conventionnelles aux États-Unis ou la résolution de tensions géopolitiques majeures pourrait entraîner une chute des cours mondiaux. Ce scénario affaiblirait la position extérieure du Ghana et raviverait les pressions sur le cedi.
« Dans un tel scénario, la Banque du Ghana serait confrontée à de fortes pressions pour défendre le cedi, ce qui pourrait entraîner une nouvelle série de dépréciations », indique le rapport.
Fitch, précise qu’une monnaie locale affaiblie risquerait d’alimenter l’inflation, de peser sur la confiance des consommateurs et des investisseurs, et de contraindre la banque centrale à maintenir des taux d’intérêt élevés sur une période prolongée, freinant ainsi la reprise économique.
Le cabinet note toutefois qu’un renforcement continu du cedi faciliterait la désinflation, permettant à la Banque du Ghana d’assouplir plus rapidement sa politique monétaire. Ce contexte soutiendrait la consommation privée et stimulerait la croissance du crédit, avec des effets positifs sur l’ensemble de l’économie.



