Laquelle de ces deux compagnies, à la pointe du transport aérien sur le continent, est première par la flotte de la prestigieuse famille des Dreamliners? Réponse en chiffres et en lettres.
La compagnie aérienne marocaine, Royal Air Maroc (RAM), a passé, mercredi 27 décembre 2017, une commande ferme pour l’achat de 4 Boeing Dreamliners 787-9 d’une valeur estimée à 1,1 milliard de dollars au prix catalogue.
Cette annonce intervient un mois jour pour jour après l’annonce de la rivale Ethiopian Airlines de la livraison du premier de ses 4 Drealminers 787-9. Le transporteur des plateaux ayant insisté auprès de l’avionneur américain pour être compagnie associée aux essais de ce nouvel appareil comme ce fut le cas pour son prédécesseur, le 787-8. L’on se rappelle que la compagnie éthiopienne fut le deuxième opérateur du monde à recevoir son 787-8 en 2012, tout juste après Ana au Japon.
Côté flotte, Royal Air Maroc, qui exploite cinq 787-8, portera son parc Dreamliners à neuf appareils. Sa consoeur en compte déjà 19 grâce à la stratégie d’innovation prônée par son PDG, Tewolde Gebre Mariam, qui a opté pour une combinaison simultanée des 787 et des Airbus 350. Quant au PDG de la Royal Air Maroc, Abdelhamid Addou, il mise sur l’Afrique pour relancer une compagnie qui améliore la densité de son réseau sans beaucoup de réserves financières.
En ce qui concerne la flotte globale, la Royal Air Maroc compte plus de de 56 Boeing dont 31 737-800, six 737-700, quatre 767-300ER et un 747-400, ainsi que quatre Embraer 190 et cinq ATR 72-600. La compagnie aérienne marocaine a pour ambition de doubler la taille de sa flotte à 105 avions à l’horizon 2025 avec l’acquisition de 13 nouveaux avions longs courriers et des mono-couloirs Boeing 737 Max.
Pour sa part, Ethiopian Airlines compte une flotte de 93 avions dont les Dreamliner donc et six A350-900 (24 commandés) et attend aussi les livraisons de trente 737 MAX 8 d’ici 2025.
Compagnie aérienne revendiquant la croissance la plus rapide en Afrique, Ethiopian Airlines dessert actuellement plus de 100 destinations internationales sur les cinq continents. La RAM en fait de même, reliant 100 destinations au Maroc et dans le monde. La compagnie marocaine dit assurer 850 vols par mois sur l’Afrique, revendiquant le réseau le plus dense sur le continent.
La compagnie nationale marocaine qui célèbre ses 60 ans (71 si on y intégrait la période Air Atlas, ancêtre de la RAM) opère ses 787 sur des routes internationales depuis Casablanca vers l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Europe, et prévoit avec les avions supplémentaires d’étendre ses services dans ces régions.

Agée de 72 ans, Ethiopian Airlines employait 7 642 personnes à la fin 2013 et se targue de posséder la flotte la plus jeune en Afrique à la fin 2017. Quelque 5,2 millions de passagers ont emprunté l’un des appareils de la compagnie éthiopienne en 2013 contre 6, 2 millions à la même période pour la Royal Air Maroc. En attendant les résultats 2017, ceux de 2016 nous renseignent sur la hiérarchie entre les deux géants du continent. En 2016, la maghrébine a transporté 6,8 millions de personnes. Le géant des plateaux indique 7,4 millions de passagers.
Au titre de l’exercice 2015/2016 (clos le 31 octobre 2016),le résultat net de la RAM s’établit à 231 millions de dirhams (24 millions de dollars) en progression de 1,6%. Pour sa part, Ethiopian a réalisé un bénéfice net de 6 milliards de birr (267 millions de dollars), montrant clairement une meilleure marge de profit que sa rivale.
RAM et Ethiopian, deux exceptions africaines
A noter que ces deux compagnies sont des exceptions dans un ciel africain où les pertes et les faillites s’accumulent. Ainsi l’IATA prévoit des pertes de 100 millions de dollars en 2018 pour l’ensemble des compagnies africaines. A l’instar de Kenya Airways, avec un résultat net de 37 millions de dollars au premier semestre et de South African Airlines qui compte réduire sa flotte de 23% pour faire face aux charges, les transporteurs aériens font face à une conjoncture difficile. D’autant plus difficile que ces compagnies porte-drapeau de leur pays doivent pour survivre concurrencer des géants mondiaux. Quelque 80% du trafic aérien est assuré par des compagnies étrangères.



