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Chez Kenya Airways, la difficile traversée d’une zone de turbulence qui menace l’avenir

Les signaux sont au rouge pour Kenya Airways (KQ), la compagnie aérienne nationale du Kenya qui peine toujours à se remettre des effets du coronavirus. En plus d’une gestion jugée peu orthodoxe qui dure plus d’une décennie. L‘heure n’est pas au décollage pour la compagnie aérienne nationale du Kenya, avec des difficultés financières et un…

Les signaux sont au rouge pour Kenya Airways (KQ), la compagnie aérienne nationale du Kenya qui peine toujours à se remettre des effets du coronavirus. En plus d’une gestion jugée peu orthodoxe qui dure plus d’une décennie.

L‘heure n’est pas au décollage pour la compagnie aérienne nationale du Kenya, avec des difficultés financières et un problème de management. Sur près de 10 ans, la société a connu 4 directeurs généraux qui n’ont pas réussi à apporter des solutions.

Le transporteur aérien traverse en effet une zone de turbulence, en enregistrant des contre-performances financières historiques. En exemple, Kenya Airways vient de bouclée une 10e année consécutive dans le rouge en 2022, doublant sa perte nette de 15,87 milliards de shillings (environ 118 millions USD) en 2021 à 38,26 milliards de shillings (environ 290,5 millions USD). Ce qui constitue l’un des pires résultats de son histoire et la plus grande perte pour une entreprise cotée à la bourse de Nairobi.

Un achat mal ficelé

Dans son dernier rapport financier pour l’exercice clos le 31 décembre 2022, Kenya Airways relève le risque de perdre 310 millions de shillings (environ 23 millions USD) suite à une transaction d’achat d’avion avec l’avionneur américain Boeing Corporation.

En effet, la société avait déposé ce montant pour se procurer des appareils, mais cette somme sera perdue si elle n’exécute pas la transaction dans les délais requis. Selon nos informations, la période de conservation des avions a expiré et la société négocie avec Boeing pour prolonger davantage la validité de cette option d’achat.

La compagnie s’est engagée à renforcer sa flotte d’avions Boeing et Embraer et développer ainsi ses activités face à la concurrence féroce de certains adversaires tels que Ethiopian Airlines. Elle prévoyait d’injecter plusieurs milliards de shillings pour acquérir de nouveaux avions.

Mais face à sa situation financière plus que délicate, le transporteur a été obligé de revoir sa copie. Sur ce, la compagnie aérienne a conservé dans ses livres quelque 3,7 milliards de shillings (environ 27,5 millions USD) en dépôts pour des avions loués, à fin décembre 2022.

KQ a indiqué qu’au cours de l’année, elle avait également reçu un remboursement de 3,24 milliards de shillings (environ 24 millions USD) après la résiliation d’un bail pour un Boeing 777-300. Elle a également annoncé son intention de résilier le bail de ses deux autres Boeing 777-300 qui sont actuellement sous-loués à Turkish Airlines, dans le but d’économiser au transporteur entre 3,3 milliards de shillings (environ 25 millions) et 4 milliards de shillings (30 millions USD).

Dans son agenda, la compagnie prévoyait de couvrir plus de 115 destinations grâce à l’acquisition supplémentaires d’avions qui porteraient le nombre de sa flotte à plus de 100. Cependant, ce plan a échoué à cause surtout d’une situation financière difficile avec l’accumulation de pertes atteignant 172,68 milliards de shillings (environ 1,3 milliard USD).

Désormais, KQ est obligée de compter sur des renflouements réguliers du gouvernement pour se maintenir à flot.

État de grâce

Face à cette situation, l’Etat kényan a pris une « décision forte », le 12 avril, en accordant une période de grâce de 12 mois à KQ pour le paiement des intérêts de ses dettes de 41,27 milliards de shillings (environ 307 millions USD).

« La renonciation et le report du prêt aideront KQ à protéger ses liquidités alors qu’elle continue de se remettre de l’effondrement économique induit par le coronavirus en vue de réaliser un bénéfice l’année prochaine, le premier depuis 2012 », ont indiqué les autorités.

Cap sur 2024

Malgré des conditions opérationnelles difficiles avec notamment la hausse du prix du carburant, le transporteur veut réaliser son premier bénéfice depuis 12 ans. Les dirigeants de KQ se montrent en effet optimistes quant au retour à la rentabilité d’ici 2024, ce qui n’est pas le cas depuis 2012, date à laquelle il a clôturé avec un bénéfice net de 1,66 milliard de shillings.

Au terme de l’exercice 2022, la compagnie aérienne a vu son chiffre d’affaires total augmenter de 66% à 117 milliards de shillings, comparé à 2021. Quant au nombre de passagers, il a augmenté de 68% à 3,7 millions et les activités de fret ont progressé de 3,5% à 65955 tonnes au cours de la période considérée.

Créée en 1977, après la disparition d’East African Airways, KQ est détenue à 48,9 % par l’Etat kényan et à 7,8 % par le groupe Air France-KLM. Les autres actions (43,3 %) sont sous le contrôle d’investisseurs kényans. La compagnie basée à Nairobi transporte près de quatre millions de passagers vers 42 destinations chaque année.

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