En 2026, le Cameroun entend investir 1.748 milliards de FCFA (environ 3,2 milliards USD) dans trois projets d’exploitation de minerai de fer dont le démarrage est prévu cette année. Il s’agit de Mbalam à l’Est du Cameroun, de Kribi-Lobé et Bipindi-Grand Zambi dans la région du Sud. Ces gisements, inscrits dans l’annexe de la loi de finances pour 2026-2030, incarnent une ambition d’ancrage du fer dans la structure d’exportation nationale. Les permis ont été délivrés, et l’État mise désormais sur la transformation de ces actifs miniers en flux d’exportations mesurables et durables.
Dans le détail, le projet de Mbalam, estimé à 747 milliards de FCFA (près de 1,4 milliard USD) reste au cœur de cette dynamique. Sur un gisement d’environ plus de 2 milliards de tonnes de minerai, les premières exportations d’environ 80.000 tonnes sont attendues au début de 2026. L’on s’y attend à une montée progressive vers 10 millions de tonnes par an entre 2026 et 2029, puis jusqu’à 25 millions de tonnes par an après 2030. Cette montée en cadence, rendue possible malgré l’absence initiale de ligne ferroviaire dédiée, est un levier de rentabilité à long terme pour les investisseurs. Un scénario d’extraction cumulée de plus de 500 millions de tonnes à l’horizon 2050 pourrait générer plus de 1660 milliards de FCFA (environ 3 milliards USD) de recettes fiscales et parafiscales pour l’État, selon les promoteurs.
Ensuite, Kribi-Lobé dont le coût d’investissement est de 431 milliards de FCFA (près de 780 millions USD) est porté par un gisement estimé à 632 millions de tonnes à 33% de fer. Il bénéficie d’un avantage logistique notable qu’est l’adossement direct au port en eau profonde de Kribi qui induit la réduction des coûts unitaires de transport maritime. Avec une cible de production annuelle qui pourrait atteindre 10 millions de tonnes de fer concentré, ce projet présente une opportunité d’arbitrage coût-prix dans un contexte où les prix mondiaux du fer restent volatils mais soutenus par la demande asiatique.
Enfin, Bipindi-Grand Zambi, 570 milliards de FCFA (environ 1,03 milliard USD), se distingue par un gisement plus modeste d’environ 150 millions de tonnes, mais avec des objectifs d’exportation concentrée autour de 2 à 3 millions de tonnes par an, notamment vers les marchés industriels de la sous-région. La production de concentré fer à environ 65% de teneur améliore la compétitivité du produit sur les bourses internationales, ce qui peut attirer des fonds de private equity ciblant les matières premières.
Rentabilité et financements : perspectives pour investisseurs
D’un point de vue financier, plusieurs vecteurs de rentabilité émergent. L’on évoque d’abord les effets d’échelle production/export. En effet, l’augmentation graduelle des volumes, particulièrement à Mbalam, réduit le coût moyen de production et améliore la marge unitaire dans un contexte de prix internationaux fluctuants.
Ensuite, il est question d’optimiser la logistique. Et pour cause, l’intégration des corridors ferroviaires et l’accès direct au port de Kribi limitent l’impact des coûts logistiques, un facteur clé de compétitivité dans le secteur ferroviaire/minier.
Enfin, l’on projette des partenariats public-privé et un financement structuré. Ici, les promoteurs des projets, souvent en consortium avec des entreprises étrangères, ouvrent des possibilités de syndication de dettes, de financements mezzanine ou de participation d’institutions de développement.
Par ailleurs, l’État encourage la création de zones industrielles complémentaires (ZIC), comme des complexes sidérurgiques visant à valoriser localement le minerai. Ce qui intensifie les effets d’intégration verticale pour les investisseurs à long terme.
Pour les acteurs institutionnels et les fonds spécialisés, ces projets représentent des opportunités structurantes, capables de livrer des rendements stables sur le long terme et de renforcer le rôle du fer camerounais au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.



