Dans l’affaire Glencore, du nom de ce trader anglo-suisse ayant reconnu devant la justice américaine et britannique avoir versé des pots-de-vin notamment aux responsables des principales entreprises pétrolières du Cameroun pour obtenir des contrats, l’on n’est pas plus avancé que le 2 août 2024. Lorsque, dans un communiqué, l’administrateur directeur général (ADG) de la Société…
Publié le 11 septembre 2024 · 3 min de lecture
Le siège du géant suisse du négoce de matières premières Glencore à Baar, dans le centre de la Suisse, le 13 novembre 2020. © Fabrice Coffrini / AFP
Dans l’affaire Glencore, du nom de ce trader anglo-suisse ayant reconnu devant la justice américaine et britannique avoir versé des pots-de-vin notamment aux responsables des principales entreprises pétrolières du Cameroun pour obtenir des contrats, l’on n’est pas plus avancé que le 2 août 2024. Lorsque, dans un communiqué, l’administrateur directeur général (ADG) de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Adolphe Moudiki, s’exprimait sur le sujet pour informer le public de ce que « des personnes, dont l’identité n’a pas été révélée, vont comparaître le 10 septembre 2024 devant le Tribunal de Westminster & Londres, dans la capitale anglaise ».
Le patron de la SNH depuis 1993 fondait des espoirs sur cette audience au cours de laquelle cette juridiction devait se prononcer [en faveur de son entreprise] sur le sort réservé par la justice britannique à « des dirigeants et employés de la société Glencore, auteurs (présumés, ndlr) des actes de corruption commis au détriment de la SNH, [qui] ont été identifiées ». En effet, pouvait-on lire dans le communiqué de l’ADG du 2 août 2024, dans le cadre de cette affaire, « la SNH, qui, le 6 novembre 2023,a introduit une plainte devant le Tribunal criminel spécial (TCS), au Cameroun, (une juridiction d’exception créée en 2011 pour lutter contre la criminalité économique en général et particulièrement contre les détournements des biens publics, ndlr) pour identifier les complices camerounais de ces actes de corruption, est confiante que l’issue de la procédure à Londres permettra l’accélération des enquêtes au niveau du TCS ». Malheureusement, dans un communiqué de presse rendu public le 10 septembre 2024 que Financial Afrik a consulté, Adolphe Moudiki renseigne que « le Tribunal de Westminster s’est déclaré incompétent au regard de la gravité des charges [retenues contre les prévenus]. Il a renvoyé l’affaire devant la Southwark Crown Court ». Mais surtout « il a prononcé la liberté sous caution des six prévenus en attendant la prochaine audience qui se tiendra le 8 octobre 2024 ».
Pour rappel, l’affaire dite Glencore qui se joue actuellement devant la justice britannique débute en mai 2022, lorsque ce trader anglo-suisse reconnaissait avoir versé des pots-de-vin aux responsables des principales entreprises pétrolières du Cameroun pour obtenir des contrats. A la suite de ces aveux, l’ADG de la SNH déclarait avoir saisi les autorités américaines et anglaises afin d’obtenir en vue des preuves de ces « allégations ».
En juillet 2023, Adolphe Moudiki écrivait au président de la République, Paul Biya, pour lui suggérer l’ouverture d’une enquête judiciaire. Sauf que, le conseil d’administration qui devait lui donner quitus pour cette démarche ne s’était plus tenu jusqu’au 22 juillet 2024. Lorsque cette instance s’était réunie à Yaoundé. Les travaux, dirigés par le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, n’avaient pas évoqué le dossier Glencore.