Le sous-sol de Boundiali, dans le nord de la Côte d’Ivoire, vient de franchir un seuil historique. Le 23 février 2026, la compagnie australienne Aurum Resources a publié une réévaluation substantielle des ressources de son Boundiali Gold Project (BGP), portant l’estimation totale à 3,03 millions d’onces d’or à une teneur de 1,0 g/t, sur une masse minéralisée de 100 millions de tonnes. Avec plus de 94 tonnes de métal jaune confirmées, ce gisement s’affirme comme un actif de classe mondiale, en hausse de 26 % par rapport à l’estimation précédente.
Cette progression résulte de 26 mois de forages intensifs menés en régie directe. Depuis la prise en main du projet fin 2023, Aurum Resources a foré plus de 180 000 mètres grâce à une flotte propre de 12 foreuses diamantées, un modèle opérationnel intégré qui lui permet de maîtriser les coûts et les délais. Cette mise à jour marque une transition opérationnelle décisive : le projet quitte définitivement le stade de l’exploration pour entrer dans celui de la structuration industrielle. La compagnie a par ailleurs identifié une composante à haute teneur de 1,61 million d’onces à 1,7 g/t au-dessus du seuil de coupure de 1,0 g/t. Sur l’ensemble de son portefeuille ivoirien, incluant le projet Napié (0,87 Moz), Aurum Resources totalise désormais un inventaire aurifère groupe de 3,90 millions d’onces.
L’agenda 2026 s’annonce décisif pour la valorisation économique du site. La finalisation de l’étude de préfaisabilité (PFS) est attendue pour la fin du premier trimestre calendaire, tandis que l’étude de faisabilité définitive (DFS) est programmée pour la fin de l’année 2026. Ces jalons techniques permettront de définir l’architecture de la future mine, d’affiner les modèles de rentabilité et de poser les bases d’une décision d’investissement finale (FID). Aurum Resources indique disposer d’une trésorerie de 40,2 millions de dollars australiens au 31 décembre 2025, lui permettant de financer son programme de forage de 100 000 mètres prévu pour l’exercice en cours, sans recours immédiat aux marchés de capitaux.
En consolidant son portefeuille minier, la Côte d’Ivoire s’affirme comme destination minière majeure en Afrique de l’Ouest en termes d’attractivité des investissements, avec une production nationale cible de 62 tonnes d’or en 2025, contre 58 tonnes enregistrées en 2024. Si le pays reste en deçà du Ghana — premier producteur régional avec environ 125 tonnes annuelles — il en comble progressivement l’écart à la faveur d’un cadre réglementaire minier stable et d’une intensification des programmes d’exploration. Le gisement de Boundiali incarne cette dynamique : au-delà des retombées fiscales directes pour l’État ivoirien, il représente un catalyseur pour l’emploi local, le développement des infrastructures dans le Nord du pays et la diversification de la base exportatrice du pays.



