Le gouvernement guinéen a engagé une procédure visant à retirer la licence minière d’Emirates Global Aluminium (EGA), exploitée par sa filiale locale Guinea Alumina Corporation (GAC), l’un des principaux producteurs de bauxite du pays. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et l’entreprise émiratie. Selon une information relayée par Reuters, ce mercredi 7 mai.
Depuis octobre 2024, les exportations de bauxite de GAC sont suspendues, les autorités invoquant des litiges relatifs aux droits de douane. Un responsable gouvernemental, sous couvert d’anonymat, a confirmé à Reuters que GAC a été notifiée du lancement officiel de la procédure de retrait de sa licence minière.
Le contentieux remonte à juin 2024, date à laquelle le gouvernement guinéen a reproché à l’entreprise de ne pas honorer ses engagements contractuels, en particulier celui de construire une raffinerie d’alumine sur le sol guinéen. À ce jour, GAC se limite à l’exportation de minerai brut vers l’usine d’EGA située à al-Taweelah, aux Émirats arabes unis, privant ainsi la Guinée des bénéfices liés à la transformation locale.
La suspension des activités de GAC a entraîné d’importantes pertes économiques et provoqué la mise au chômage technique de plusieurs employés. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement visant à renforcer la valeur ajoutée locale dans le secteur minier et à garantir le respect des obligations contractuelles par les opérateurs étrangers.
Détenant les plus vastes réserves mondiales de bauxite, la Guinée cherche à mieux tirer parti de cette richesse stratégique en favorisant le développement industriel local et en imposant des règles plus strictes aux exploitants.



