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Barrick Mining: baisse de la production aurifère provoquée par la perte de la plus grande mine malienne

Barrick Mining a annoncé le 11 août 2025 un chiffre d’affaires aurifère de 4,79 milliards de dollars au premier semestre, en progression de 13,5 % en glissement annuel, malgré la suspension de ses activités sur la mine malienne de Loulo-Gounkoto depuis janvier. Mais la compagnie canadienne a écoulé 1,52 million d’onces d’or sur la période,…

Loulo-Gounkoto est la plus grosse mine d'or du Mali, détenue à 80 % par le canadien Barrick Gold et à 20 % par le gouvernement malien. (Simon Dawson/Bloomber)

Barrick Mining a annoncé le 11 août 2025 un chiffre d’affaires aurifère de 4,79 milliards de dollars au premier semestre, en progression de 13,5 % en glissement annuel, malgré la suspension de ses activités sur la mine malienne de Loulo-Gounkoto depuis janvier. Mais la compagnie canadienne a écoulé 1,52 million d’onces d’or sur la période, soit une baisse de 18 % par rapport à 2024, conséquence directe de la perte de production de ce site stratégique, la plus grande mine d’or du pays, laquelle avait contribué à hauteur de 723.000 onces l’an dernier.

Loulo-Gounkoto, détenue à 80 % par Barrick et 20 % par l’État malien, a vu ses exportations bloquées début 2025 avant la saisie d’un stock d’or par Bamako. En juin, la justice malienne a autorisé la réouverture du site mais a placé l’actif sous la gestion d’un administrateur provisoire, privant Barrick de son contrôle opérationnel et entraînant une déconsolidation comptable. L’entreprise a ainsi inscrit une perte de 1,03 milliard de dollars liée à cet ajustement.

Ce contexte défavorable a toutefois été compensé par la hausse exceptionnelle des prix de l’or. Barrick a vendu sa production à un prix moyen de 3 099 dollars l’once au premier semestre 2025, contre 2 213 dollars un an auparavant. Le métal jaune, soutenu par les tensions géopolitiques et son rôle d’actif refuge, a franchi début août le seuil des 3 500 dollars l’once, tandis que des analystes de Fidelity anticipent un prix de 4 000 dollars d’ici la fin de l’année. Cette envolée a permis à Barrick d’afficher une croissance de revenus en dépit d’un recul des volumes extraits.

Néanmoins, les perspectives demeurent incertaines. La compagnie reste fortement exposée à la volatilité du marché de l’or, alors qu’aucun règlement n’est intervenu dans son différend avec les autorités maliennes. La procédure engagée devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) pourrait s’étendre sur plusieurs années, et l’un des permis miniers de Barrick au Mali arrive à expiration en 2026. Dans ce contexte, la durabilité de la croissance constatée au premier semestre dépendra largement de l’évolution du cours de l’or et des relations avec Bamako.

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