Selon une assignation en justice datée du 26 août 2025, Air Sénégal SA réclame à Intech Group la somme de 1 221 236 141 F CFA au titre du principal, en plus de 50 millions F CFA à titre de dommages-intérêts. L’audience est prévue le 16 septembre 2025 devant le Tribunal de commerce de Dakar. Des informations rapportées par le journal Libération.
Les faits remontent à un contrat conclu le 26 février 2022, par lequel Intech Group s’engageait à assurer la commercialisation des services de la compagnie aérienne, notamment via des plateformes numériques. En contrepartie, la fintech devait collecter les paiements des clients et en reverser le produit, après déduction de sa commission, à Air Sénégal.
Or, d’après l’assignation (dossier n° 025-TC-DKR-0678), Intech Group n’a jamais procédé au reversement des fonds collectés, malgré plusieurs relances et un plan de remboursement accepté par Air Sénégal. Ce plan, étalé sur sept mois, aurait été totalement ignoré par la partie débitrice.
Dans une mise en demeure adressée le 26 février 2025, la compagnie aérienne a accordé un dernier délai à Intech Group pour s’exécuter. En réponse, la fintech aurait invoqué une suspension des paiements par la BCEAO. Un argument que les avocats d’Air Sénégal ont réfuté, le qualifiant de « manœuvre dilatoire dénuée de fondement juridique », selon les termes du document d’assignation.
« Abus de confiance » : GMD saisit la justice pénale
L’affaire ne s’arrête pas là. Un second dossier judiciaire vise Intech Group, cette fois au pénal. En effet, les Grands Moulins de Dakar (GMD) ont déposé une plainte pour abus de confiance, après que la fintech aurait encaissé plus de 550 millions F CFA versés par des clients de GMD, sans jamais les reverser à l’entreprise agroalimentaire. Du moins, d’après cette dernière.
Selon deux lettres d’engagement signées par le président du conseil d’administration d’Intech Group, en février puis en mai 2025, la société reconnaissait explicitement sa dette et s’engageait à procéder au remboursement. Mais là encore, aucun versement n’a été effectué, malgré plusieurs échéances fixées puis repoussées. Estimant que « les faits sont constitutifs d’une infraction pénale de confiance détournée », GMD a saisi la justice.
Jusque-là, la fintech ne s’est pas encore prononcé publiquement sur le sujet.



