Le groupe franco-néerlandais franchit la barre symbolique des 2 milliards d’euros de résultat opérationnel, mais l’Afrique reste le maillon faible du réseau avec un taux de remplissage en baisse.
Le groupe Air France-KLM a publié des résultats financiers historiques pour l’année 2025, affichant un bénéfice opérationnel record de 2 milliards d’euros et une marge de 6,1%, en hausse d’un point par rapport à 2024. Avec un chiffre d’affaires de 33 milliards d’euros (+4,9%) et 102,8 millions de passagers transportés (+5%), Air France signe en effet la meilleure année de son histoire dans son ensemble. Le groupe a su capitaliser sur la forte demande pour les cabines premium et les destinations long-courriers, notamment vers l’Amérique du Nord, qui demeure son marché le plus rentable.
Si les résultats globaux sont flamboyants, la situation apparaît nettement plus contrastée sur le continent africain. Dans son rapport annuel, Air France-KLM pointe explicitement du doigt l’impact des élections présidentielles en Côte d’Ivoire et au Cameroun, qui ont contribué à freiner la demande au cours de l’année 2025.
Les chiffres sont éloquents : le taux de remplissage sur les vols africains a reculé de 4,1 points, tombant à 82%, tandis que le revenu unitaire a diminué d’environ 1%. Au quatrième trimestre 2025 particulièrement, l’Afrique a affiché des performances nettement inférieures à celles des autres régions du réseau, alors que l’Amérique du Nord, l’Asie-Moyen-Orient et l’Amérique latine enregistrent des résultats plutôt robustes.
Le groupe évoque également les restrictions de visas américains appliquées à certains pays africains comme facteur aggravant, limitant les flux de transit via Paris et Amsterdam vers les États-Unis. La concurrence croissante de transporteurs régionaux comme Air Côte d’Ivoire, Air Sénégal et Nigeria’s Air Peace, qui développent leurs propres liaisons directes vers l’Europe, intensifie également la pression concurrentielle.
Une stratégie africaine en pleine restructuration
Face à ces défis, Air France-KLM poursuit sa rationalisation du réseau africain, privilégiant la rentabilité à la couverture géographique. Depuis janvier 2026, la compagnie a ainsi mis fin aux vols directs vers Bangui (République centrafricaine), désormais desservie via un partenariat avec la compagnie régionale Afrijet, qui assure la liaison Bangui-Yaoundé. Cette décision, motivée par un manque de rentabilité structurelle (taux de remplissage inférieur à 60 %), marque la fin de la seule liaison directe entre la République centrafricaine et l’Europe.
Au Ghana, la route Paris-Accra, auparavant extension de la desserte Ouagadougou (suspendue depuis 2023 pour des raisons sécuritaires liées à la situation au Sahel), a également été supprimée. Le trafic est désormais redirigé vers Amsterdam, confirmant le rôle croissant du hub néerlandais de KLM dans la stratégie africaine du groupe.
Pour maintenir sa présence sur un continent aux perspectives de croissance importantes, Air France-KLM concentre son réseau sur l’Afrique francophone et les marchés à forte valeur ajoutée comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon et le Cameroun. Le groupe mise aussi sur les marchés anglophones (Afrique du Sud, Kenya, Nigeria), mais avec une approche axée sur les connexions via Amsterdam. Alors que Transavia, sa filiale low-cost, cible les flux touristiques en Afrique du Nord (Maroc, Tunisie), au Sénégal et au Cap-Vert.



