Le processus d’introduction en bourse d’Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) a franchi un nouveau cap. Réunis le 24 juin 2026 à Kribi dans le sud du pays, les administrateurs de l’entreprise, les conseils mobilisés sur l’opération et les responsables du marché financier régional ont passé en revue l’état d’avancement du dossier. À l’issue de cet atelier, le directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), Louis Banga Ntolo, a estimé qu’ADC était « déjà prête » pour une admission, y compris sur le compartiment Premium, ce qui placerait la société parmi les dossiers les plus avancés du programme camerounais d’ouverture du capital des entreprises publiques.
L’opération ne date pas d’hier. Dès septembre 2022, l’État du Cameroun avait retenu ADC parmi les sociétés appelées à dynamiser la cote régionale. En janvier 2023, l’entreprise lançait officiellement la recherche d’une société de bourse pour piloter son introduction, avec un double objectif : renforcer ses capitaux propres et soutenir ses investissements. Depuis, le chantier s’est structuré autour d’un triptyque classique : diagnostic de conformité, mise à niveau juridique et financière, puis préparation de la cotation proprement dite.
Dans le détail, plusieurs conseils ont été recrutés pour sécuriser le processus. La société de bourse Emrald Securities Services est chargée d’accompagner l’opération de marché, Deloitte & Touche pilote le diagnostic et la mise à niveau comptable et financière, tandis que le cabinet NYA & CO assure l’ingénierie juridique. L’enjeu est clair : obtenir le visa de la COSUMAF, l’autorité de tutelle, de régulation et de contrôle du marché financier de l’Afrique centrale, fiabiliser la documentation destinée aux investisseurs et s’assurer qu’ADC coche les cases exigées pour une admission sur le compartiment A-Premium de la BVMAC, où figurent notamment les critères de flottant, de rentabilité, de publication d’états financiers certifiés et de distribution de dividendes.
Pour ADC, cette ouverture du capital répond à une logique industrielle autant que financière. L’entreprise a clos l’exercice 2024 sur un bénéfice net record de 9,2 milliards de FCFA (environ 16 millions USD), plus du double de 2023, et a annoncé un programme d’investissement de 75 milliards de FCFA sur trois ans pour moderniser les plateformes aéroportuaires, notamment à Douala.



