Selon les données de Banque nationale du Rwanda (BNR), en 2025, les transferts d’argent envoyés par les Rwandais vivant à l’étranger ont atteint la somme record de 943 milliards de Francs rwandais (Frw), soit environ 640 millions USD. Ce montant est en hausse de 27,3% en glissement annuel. Il représente une hausse d’environ 69% par rapport aux 379 millions USD enregistrés en 2021.
La BNR indique que « cette progression témoigne du rôle croissant de la diaspora rwandaise dans l’économie du pays ». En effet, contrairement à d’autres pays en développement, les fonds envoyés par la diaspora rwandaise ne servent pas seulement à soutenir les ménages. Ils contribuent également au financement d’entreprises, à l’achat de biens immobiliers et à d’autres investissements.
Parmi les projets auxquels des Rwandais vivant à l’étranger ont contribué, la BNR cite notamment « Inn of The Lac », situé sur les rives du lac Kivu, Isange Estate et Imara Properties. L’initiative Girinzu, un projet de développement immobilier éco-durable franco-rwandais qui crée des villages urbains modernes à Kigali, bénéficie aussi de ces ressources de la diaspora. Il vise à faciliter l’accès aux logements abordables pour les Rwandais vivant au pays et à l’étranger. Lors d’une rencontre avec des Rwandais de la diaspora, le 14 août 2026, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a salué leur contribution au développement du Rwanda.
A l’analyse, les données de la BNR montrent une évolution globalement positive des transferts de la diaspora au cours des dernières années. En 2021, ils s’élevaient à 379 millions USD, contre 461 millions en 2022 et 505 millions en 2023. Après un léger recul à 502 millions USD en 2024, les transferts ont fortement progressé en 2025 pour atteindre 640 millions USD.
L’enquête FinScope (outil d’évaluation de l’inclusion financière conçu pour mesurer l’accès, l’utilisation et les perceptions des services financiers au sein d’une population, ndlr) 2024 indique que « 65% des adultes au Rwanda avaient envoyé ou reçu de l’argent, les transferts nationaux représentant la plus grande partie des opérations ». Environ 3% des adultes ont reçu de l’argent de l’étranger, tandis que 1% en ont envoyé à l’étranger.
Les circuits non bancaires restent largement privilégiés. « Environ 63% des personnes utilisent ces canaux, contre seulement 4%, soit environ 309.000 personnes, qui passent par les banques », révèle la BNR. Dans ce contexte, le Mobile Money s’affirme désormais comme le principal moyen utilisé pour envoyer et recevoir de l’argent, même de l’étranger.
Pour les bénéficiaires, les fonds reçus servent avant tout à répondre aux besoins quotidiens. Les données de la BNR indiquent qu’« environ 53% les utilisent pour acheter de la nourriture et des vêtements, tandis que 10% les consacrent au lancement d’activités commerciales ».
Par ailleurs, soutient la BNR, « 9% utilisent ces fonds pour payer les frais de scolarité, 5% pour investir et 4% pour couvrir les dépenses liées aux médicaments et aux soins de santé ». Avec cette progression, les transferts de la diaspora apparaissent ainsi comme une source importante de revenus pour les ménages. Mais aussi comme un levier de plus en plus important pour l’investissement et le développement économique du Rwanda.




