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Coup de tonnerre : la note souveraine du Gabon abaissée à CCC-

L’alerte est désormais officielle. Fitch Ratings a abaissé vendredi la note de défaut de l’émetteur à long terme en devises étrangères du Gabon, la faisant passer de CCC à CCC-. En cause : l’élargissement rapide des déficits budgétaires et l’accès de plus en plus contraint de l’État aux marchés régionaux de la dette. Dans son…

L’alerte est désormais officielle. Fitch Ratings a abaissé vendredi la note de défaut de l’émetteur à long terme en devises étrangères du Gabon, la faisant passer de CCC à CCC-. En cause : l’élargissement rapide des déficits budgétaires et l’accès de plus en plus contraint de l’État aux marchés régionaux de la dette.

Dans son communiqué, l’agence pointe des besoins de financement en monnaie locale nettement plus élevés, combinés à un durcissement des conditions de financement domestique. Cette tension explique, selon Fitch, l’écart croissant entre les notations en devises locales et étrangères. Dans le même mouvement, la note IDR à long terme en monnaie locale a été dégradée de CCC à CC, signalant une vulnérabilité financière accrue.

Derrière cette décision se dessine une divergence de fond sur la trajectoire économique du pays. Le gouvernement, conduit par le ministre des Finances Henri-Claude Oyima, assume une stratégie de relance par le levier budgétaire, fondée sur l’expansion de la dépense publique et l’investissement. Une ligne frontalement opposée aux recommandations du Fonds monétaire international, qui plaide pour un resserrement budgétaire, un gel des subventions et un retour rapide à l’orthodoxie financière — orthodoxie à laquelle les agences de notation restent largement arrimées.

Fitch souligne par ailleurs l’affaiblissement marqué de l’appétit des investisseurs pour la dette gabonaise au second semestre, dans un contexte de baisse progressive de la production pétrolière, de programmes d’investissements publics ambitieux et de risques d’endettement accrus. Autant de facteurs qui pèsent lourdement sur les perspectives macroéconomiques du pays.

De son côté, la Banque mondiale avait déjà averti que, malgré la transition politique récente et un discours réformateur affiché, la situation budgétaire du Gabon demeurait fragile. Fitch anticipe désormais une hausse substantielle de la dette publique, attendue à 80,4 % du PIB en 2025, sous l’effet d’une expansion budgétaire jugée significative.

Cette dégradation place le Gabon à la lisière des scénarios de stress extrême et ravive le débat, au sommet de l’État, entre stratégie de relance assumée et discipline budgétaire dictée par les créanciers et les marchés.

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