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Niger : l’uranium de la Somaïr désormais mis sur le marché international

Le régime militaire nigérien a annoncé dimanche soir la mise sur le marché international de l’uranium extrait par la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), actant de facto la perte de contrôle opérationnel du site par Orano. Cette décision intervient six mois après la nationalisation de la Somaïr par Niamey, prononcée en juin 2025, qui…

 Le régime militaire nigérien a annoncé dimanche soir la mise sur le marché international de l’uranium extrait par la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), actant de facto la perte de contrôle opérationnel du site par Orano. Cette décision intervient six mois après la nationalisation de la Somaïr par Niamey, prononcée en juin 2025, qui a retiré au géant français ses 63,4 % de participation au profit d’un contrôle intégral par l’État nigérien, jusque-là actionnaire à hauteur de 36,6 %.

Cette rupture marque un tournant décisif dans un partenariat minier entamé il y a plus d’un demi-siècle dans le nord du pays. Depuis le coup d’État de juillet 2023, les relations entre la junte au pouvoir et Orano se sont progressivement dégradées, sur fond de repositionnement géopolitique du Niger et d’effritement des liens avec l’ancienne puissance coloniale. Le dossier de l’uranium est devenu l’un des principaux points de friction : Paris a toujours considéré le site stratégique pour la sécurité d’approvisionnement de la filière nucléaire française, tandis que Niamey revendique une souveraineté pleine sur ses ressources.

En juin, Orano avait dénoncé dans un communiqué une « expropriation » venant couronner une « stratégie des autorités militaires visant à expulser Orano du Niger », assurant avoir multiplié les tentatives de dialogue. À l’inverse, les autorités nigériennes affirment exercer « le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles ». Selon Télé Sahel, le général Abdourahamane Tiani a récemment déclaré que « le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », annonçant ainsi la fin du modèle historique fondé sur des concessions majoritairement opérées par des acteurs français.

La junte explore désormais de nouveaux partenariats. Téhéran et Moscou se sont dits intéressés par l’uranium nigérien, un minerai dont le Niger fut longtemps le premier producteur africain avant d’être dépassé ces dernières années par la Namibie. En juillet, la Russie avait publiquement exprimé sa volonté d’investir dans l’exploration et l’exploitation des gisements nigériens, dans un contexte où Niamey a ouvertement réorienté sa diplomatie vers de nouveaux alliés. L’ouverture au marché international, combinée à ces repositionnements stratégiques, rebat les cartes d’un secteur clé pour l’économie nigérienne et pour la filière nucléaire mondiale. Reste à savoir si le pays parviendra à maintenir la production, à attirer de nouveaux investisseurs et à sécuriser politiquement un secteur historiquement sous tension.

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