Rush historique. 100 milliards de FCFA mobilisés en l’espace d’une journée. C’est le point sur la première journée folle de ce que les chroniques financières retiendront comme l’événement financier de la semaine en Afrique de l’Ouest.
Le lundi 30 mai 2022 a vu en effet le démarrage de la période de souscription à l’emprunt obligataire de 120 milliards de FCFA de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). Aussi, 24 heures après le démarrage de cette opération historique portant sur un coupon de 5,9% nets et une maturité de 7 ans amortissables avec un différé de deux ans, les initiateurs ont fait un bilan d’étape. «Nous avons levé 100 milliards de FCFA sur la première journée », révèle Ababacar Diaw, Directeur Général d’Impaxis. Les 15 à 20 milliards restant seront en principe mobilisés bien avant la date butoir du 13 juin 2022.
Mais, en dépit de l’enthousiasme du marché, les initiateurs gardent la tête froide. «Nous n’allons pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué », répond M. Diaw à la question d’une éventuelle clôture anticipée. «Les derniers kilomètres sont toujours les plus difficiles », poursuit le financier.
Avec le rush de lundi sur le papier BIDC, nous avons assisté au plus grand démarrage jamais observé sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) depuis son implémentation en 1996.
L’enthousiasme du marché repose sur la qualité et les avantages du papier proposé. L’obligation de 10 000 FCFA libellée avec un coupon de 5,9 % nets d’impôts offre une situation confortable aux investisseurs. Cet emprunt défiscalisé (en comparaison, des obligations sont taxées jusqu’à 8 % dans certains pays) offre donc le meilleur couple rendement-risque du marché, expliquent les analystes.
Arrangée par Impaxis Securities, chef de file d’un syndicat de placement comprenant Coris Bourse, l’opération, qui constitue la deuxième tranche du programme d’emprunt de la banque de développement de la CEDEAO, signe véritablement la relance du marché financier régional. «L’emprunt ainsi levé servira à accompagner le financement de la relance des secteurs stratégiques », comme a déclaré George Agyekum Nana DONKOR, président de la BIDC.
Pour sa part, Ababacar Diaw, DG de Impaxis Securities, a évoqué en la BIDC un émetteur solide, quatrième meilleure notation de la région, derrière les notes souveraines de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Sénégal.
La BIDC, active dans les 8 pays de l’UEMOA et les 15 de la CEDEAO procède ainsi à son septième emprunt. L’émetteur qui n’a jamais fait défaut a vu sa note consolidée par les agences de notation Moody’s et Fitch.
Le titre de l’emprunt sera coté sur le marché secondaire de la BRVM.
Pour rappel, la première tranche émise l’année dernière, d’un montant de 50 milliards de FCFA, avait été souscrite en une journée.




