Pour couvrir une partie de ses besoins budgétaires, l’État du Mali a levé 44 milliards de FCFA le 7 janvier 2026 sur le marché des titres publics de l’UMOA, à l’issue d’une émission simultanée de BAT à 182 et 364 jours et d’OAT à 3 et 5 ans. L’opération portait sur un montant mis en adjudication de 40 milliards FCFA et a suscité des soumissions globales de 78,834 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 197,09%
Au final, le Trésor malien a retenu 44 milliards FCFA et rejeté 34,834 milliards, ce qui correspond à un taux d’absorption de 55,81% (sélectivité accrue sur les conditions offertes). Fait notable : aucune soumission n’a été enregistrée sur l’OAT à 5 ans, confirmant un manque d’appétit des investisseurs pour la duration longue sur la signature malienne à ce stade.
Côté coûts, les rendements moyens pondérés ressortent à 6,08% sur le BAT 182 jours, 7,24% sur le BAT 364 jours, et 8,42% sur l’OAT 3 ans. UMOA-Titres Les BAT seront remboursés au 8 juillet 2026 (182 jours) et au 6 janvier 2027 (364 jours), avec des intérêts payés d’avance et précomptés ; l’OAT 3 ans arrivera à échéance le 8 janvier 2029 (coupon fixe annoncé 6,00%, intérêts annuels). Le benchmark régional met en lumière un écart de coût et de profondeur de marché. La Côte d’Ivoire, la veille, a levé 320,765 milliards FCFA (au-delà des 310 milliards mis en adjudication), avec des rendements moyens pondérés autour de 6,53% sur le BAT 12 mois et 6,81% sur ses OAT 3 ans, traduisant une demande massive et une tarification plus favorable.
Le Sénégal, sur l’émission du 19 décembre 2025 (montant annoncé 20 milliards FCFA), a affiché un taux de couverture de 191,76%, avec des rendements moyens pondérés de 7,33% (BAT 364 jours), 7,74% (OAT 3 ans) et 7,60% (OAT 5 ans) — et, surtout, une demande effective sur la maturité 5 ans, contrairement au Mali. Le Bénin, le 26 décembre 2025, a retenu 55 milliards FCFA pour 50 milliards annoncés (couverture 181,62%) avec des rendements moyens pondérés de 6,23% (OAT ~2 ans) et 6,44% (OAT ~4 ans), sensiblement plus bas que le 3 ans malien.
En comparaison, l’opération malienne se distingue donc par (i) une taille nettement inférieure à celle de la Côte d’Ivoire, (ii) une courbe plus chère sur le moyen terme (3 ans à 8,42%, contre ~6,81% pour la Côte d’Ivoire et 7,74% pour le Sénégal), et (iii) une absence de demande sur 5 ans, signal d’une prudence des investisseurs vis-à-vis du risque de duration sur Bamako.



