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UMOA : le marché secondaire s’enflamme, les investisseurs reviennent sur la dette souveraine

Le marché secondaire des titres publics de l’UEMOA a connu une semaine exceptionnelle du 1er au 5 juin 2026. Les échanges ont atteint 159,5 milliards de FCFA, en hausse de 224 % par rapport à la semaine précédente, tandis que le nombre de transactions a bondi de 150 %, à 75 opérations. Le nombre d’intervenants…

Le marché secondaire des titres publics de l’UEMOA a connu une semaine exceptionnelle du 1er au 5 juin 2026. Les échanges ont atteint 159,5 milliards de FCFA, en hausse de 224 % par rapport à la semaine précédente, tandis que le nombre de transactions a bondi de 150 %, à 75 opérations. Le nombre d’intervenants actifs a progressé de 89 % et celui des instruments échangés de 154 %. Derrière ces statistiques spectaculaires se cache un phénomène plus intéressant : le retour de la liquidité sur le marché secondaire régional.

Depuis le début de l’année, les volumes cumulés atteignent désormais 3 743 milliards de FCFA, soit une progression annuelle de 67 %. Le nombre de transactions franchit le seuil de 1 649 opérations, contre moins de 1 000 à la même période de 2025. La semaine a été largement dominée par la séance du vendredi 5 juin, qui a concentré à elle seule 84,7 milliards de FCFA d’échanges, soit plus de la moitié de l’activité hebdomadaire. Les investisseurs se sont particulièrement positionnés sur les titres du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal.

Les obligations sénégalaises ont figuré parmi les vedettes du marché. Les lignes OAT 6,30 % échéance janvier 2029 et avril 2029 ont chacune enregistré plus de 12,5 milliards de FCFA de volume nominal échangé. Les investisseurs semblent ainsi continuer à privilégier les signatures offrant un compromis entre rendement élevé et visibilité budgétaire. Le Mali s’est également distingué. Les bons du Trésor à trois et quatre mois ont affiché des ratios d’échange remarquables, atteignant respectivement 44,6 % et 29,8 % de l’encours, signe d’une forte rotation des positions. Les rendements observés oscillent entre 5,25 % et 5,50 %, traduisant une demande soutenue sur le segment court terme.

Du côté du Burkina Faso, certaines obligations à échéance 2029 offrent désormais des rendements supérieurs à 7 %, avec des spreads atteignant plus de 2 %. Ces niveaux illustrent la prime de risque exigée par les investisseurs, mais également l’attrait de ces titres pour les gestionnaires à la recherche de rendement dans un contexte de forte concurrence entre émetteurs souverains.

La Côte d’Ivoire conserve néanmoins son statut de référence du marché régional. Plusieurs lignes ivoiriennes se négocient encore à des rendements compris entre 4 % et 6,6 %, nettement inférieurs à ceux observés sur certaines signatures sahéliennes. Cette hiérarchie des rendements traduit une différenciation croissante du risque souverain au sein de l’Union.

Plus largement, le marché secondaire envoie un signal encourageant. Longtemps considéré comme le parent pauvre du marché des titres publics, il gagne progressivement en profondeur. Les investisseurs ne se contentent plus de souscrire aux adjudications primaires avant d’attendre l’échéance. Ils arbitrent, revendent, rachètent et réallouent leurs portefeuilles en fonction des opportunités de rendement.

Autrement dit, la dette publique régionale cesse peu à peu d’être un simple instrument de placement réglementaire pour devenir une véritable classe d’actifs. Pour les États de l’UEMOA, qui prévoient plusieurs milliers de milliards de FCFA de levées de fonds cette année, cette montée en puissance du marché secondaire constitue une excellente nouvelle. Un marché liquide réduit les coûts de financement, améliore la formation des prix et attire davantage d’investisseurs institutionnels. Les adjudications continuent de faire les gros titres. Mais c’est désormais sur le marché secondaire que se lit la véritable humeur des investisseurs.


retenir (en bref)

  • 159,5 milliards FCFA échangés sur la semaine (+224 %).
  • 75 transactions (+150 %).
  • 34 participants actifs (+89 %).
  • 33 instruments échangés (+154 %).
  • 84,7 milliards FCFA négociés le seul vendredi 5 juin.
  • 3 743 milliards FCFA échangés depuis le début de l’année (+67 %).
  • Rendements supérieurs à 7 % sur certaines obligations burkinabè.
  • Forte activité sur les lignes sénégalaises 2029 et les titres maliens de court terme.

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