C’est un revers judiciaire aux conséquences potentiellement lourdes pour un acteur stratégique du secteur énergétique sénégalais. Le tribunal de commerce a annulé, dans son audience du 27 mars 2026, le procès-verbal du conseil d’administration du 20 janvier 2025 de West African Energy SA, dans un litige opposant Afrinvest SAU et ses partenaires à Groupe Citaf International et autres. Dans la même décision, Moustapha Ndiaye ainsi que les sociétés Groupe Citaf International, Locafrique Holding SA et Senelec SA ont été condamnés aux dépens.
A l’origine de l’affaire, une contestation sur la régularité même de ce conseil d’administration, dont les décisions étaient jugées cruciales pour l’avenir de l’entreprise. Les demandeurs dénonçaient des irrégularités touchant aussi bien à la convocation qu’au déroulement de la réunion, mais aussi à la validité des décisions prises ce jour-là. En leur donnant raison, le tribunal a clairement rappelé que les règles de gouvernance ne sont pas de simples formalités, surtout dans des secteurs aussi sensibles que l’énergie.
Derrière ce contentieux, ce sont des acteurs majeurs qui s’affrontent. Afrinvest SAU, figure bien connue du capital-investissement en Afrique, intervient dans le financement et l’accompagnement d’entreprises à fort potentiel. Face à lui, Groupe Citaf International, actif dans l’industrie et l’énergie, s’appuie notamment sur Locafrique Holding SA, spécialiste du financement d’équipements, et sur Senelec SA pilier du système électrique sénégalais.
Mais au-delà du face-à-face judiciaire, c’est toute la gouvernance de West African Energy SA qui se retrouve fragilisée. L’annulation du procès-verbal pourrait remettre en cause une série de décisions prises dans la foulée, avec des implications concrètes sur les projets en cours, notamment dans la production d’électricité.


