C’est le dernier acte d’un mouvement de désengagement désormais assumé. Échaudé par des résultats en demi-teinte, le géant britannique BP opère un virage stratégique en allégeant considérablement ses ambitions dans les énergies renouvelables pour recentrer ses investissements sur les hydrocarbures.
Adieu les éoliennes à tout vent. Le slogan « Creuse et creuse encore », cher à Donald Trump, semble avoir trouvé de nouveaux adeptes de l’autre côté de l’Atlantique. BP n’a pas (encore) changé son logo en forme de soleil vert, mais, comme TotalEnergies et bien d’autres, le vernis « énergies propres » craque sous la pression des marchés.
Mercredi 26 février, BP a officiellement annoncé l’abandon de sa stratégie de transition énergétique, en réorientant 10 milliards de dollars par an vers le pétrole et le gaz. L’objectif est clair : regonfler les marges, rassurer les actionnaires, et booster les dividendes.
Le nouveau patron, Murray Auchincloss, n’a pas fait dans la demi-mesure. Il a choisi d’écouter la City plutôt que la planète. Une décision qui résonne comme un signal d’alarme pour les partisans de la transition énergétique, tant elle symbolise l’essoufflement d’un récit vert pourtant si largement promu ces dernières années.
Le capitalisme post-fossile, s’il doit advenir, ne viendra manifestement pas de ceux qui ont bâti leur fortune sur les énergies du passé.



