Le Nigeria prépare une nouvelle offensive sur les marchés financiers internationaux. Le président Bola Tinubu a en effet demandé au Parlement l’autorisation de lever 2,8 milliards de dollars, combinant l’émission d’un sukuk souverain international inédit de 500 millions de dollars et la contraction de 2,3 milliards de dollars de nouveaux emprunts. Cette annonce a été faite dans une lettre officielle adressée aux parlementaires et lue ce mardi 7 octobre à Abuja.
Le recours à un sukuk souverain international constituerait une première mondiale pour le Nigeria, qui cherche à reproduire à l’échelle internationale le succès rencontré par son programme domestique de sukuks, largement plébiscité sur le marché local. Tinubu a précisé que cette émission pourrait être réalisée avec ou sans garantie de la Société islamique pour le développement du secteur privé, dans le but d’attirer un large éventail d’investisseurs, notamment issus des pays du Golfe et d’Asie.
Selon la lettre présidentielle, les fonds mobilisés permettront de financer partiellement le déficit budgétaire et de refinancer des Eurobonds arrivant à échéance en novembre. Le gouvernement envisage différentes options pour lever ces capitaux : émission d’Eurobonds, syndication de prêts, financements relais ou encore recours direct à des banques internationales.
Contexte : réformes et retour sur les marchés
Le Nigeria n’a pas encore sollicité les marchés mondiaux du capital en 2025, après avoir réalisé en décembre dernier sa première émission obligataire internationale en près de trois ans. En septembre, la directrice générale de l’Office nigérian de gestion de la dette (DMO) avait indiqué à Reuters que le pays pourrait émettre jusqu’à 2,3 milliards de dollars d’obligations internationales d’ici la fin de l’année, sous réserve de conditions favorables sur les marchés.
Porté par les réformes économiques lancées par Tinubu – notamment la libéralisation partielle du taux de change et la réduction progressive des subventions énergétiques –, le pays bénéficie désormais d’une amélioration de ses perspectives budgétaires et d’avis positifs des principales agences de notation. Abuja espère que ces signaux rassurants inciteront les investisseurs à accorder au Nigeria des financements à des taux plus compétitifs.
Avec ce programme d’emprunts et l’innovation du premier sukuk souverain international, le Nigeria cherche à diversifier ses sources de financement et à renforcer sa crédibilité sur les marchés mondiaux. Cette opération sera scrutée de près, tant par les investisseurs traditionnels que par les acteurs spécialisés de la finance islamique, qui y verront un indicateur clé de la capacité du pays à conjuguer réformes structurelles et stabilité macroéconomique.



