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Nigeria : le cacao bat des records malgré la volatilité mondiale

Le Nigeria vient de franchir un cap historique dans ses exportations de cacao, porté par la flambée des prix mondiaux. Selon un rapport de Norrenberger, groupe de services financiers basé à Abuja, le pays a généré 1 230 milliards de nairas (920 millions USD) au premier trimestre 2025, soit une progression de 220 % par…

Cabosses de cacao récoltées dans une ferme de l’État de Cross River, au Nigeria, le 24 avril 2025. © Sodiq Adelakun/Reuters

Le Nigeria vient de franchir un cap historique dans ses exportations de cacao, porté par la flambée des prix mondiaux. Selon un rapport de Norrenberger, groupe de services financiers basé à Abuja, le pays a généré 1 230 milliards de nairas (920 millions USD) au premier trimestre 2025, soit une progression de 220 % par rapport aux 384 milliards de nairas (290 millions USD) enregistrés sur la même période en 2024.

Cette performance sans précédent positionne le cacao comme un pilier stratégique de l’économie nigériane, alors que le pays tente de réduire sa dépendance au pétrole.

Cet essor intervient dans un contexte de fortes turbulences sur le marché mondial. Depuis 18 mois, le cacao est soumis à une volatilité extrême notamment des pénuries en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, des conditions climatiques défavorables, une propagation du virus du swollen shoot qui affecte les cacaoyers et la spéculation accrue. Résultat, les prix ont atteint des sommets historiques fin 2024, dépassant 12 000 USD la tonne à New York, avant de chuter de plus de 30 % début 2025.

Risque

« Le Nigeria a su tirer parti de cette envolée.  Il s’agit des revenus trimestriels les plus élevés jamais enregistrés par le pays dans la filière cacao », indique Norrenberger, notant que ces entrées de devises renforcent les réserves étrangères et offrent un répit bienvenu à la naira.

Ce succès cache toutefois une fragilité préoccupante, selon le rapport. Contrairement à la Côte d’Ivoire et au Ghana, qui disposent de systèmes de régulation et de soutien aux producteurs, le Nigeria reste entièrement dépendant des fluctuations du marché international.

« Sans investissements massifs dans la productivité, la modernisation des plantations et les infrastructures, le Nigeria risque de voir son boom actuel s’essouffler dès que les cours se normaliseront », avertit Norrenberger.

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