L’Africa Finance Corporation (AFC) frappe fort à Lomé. L’institution panafricaine de financement des infrastructures vient de boucler une facilité souveraine de 108,3 millions d’euros au profit du gouvernement togolais, destinée à moderniser en profondeur l’appareil agricole national. Une opération inaugurale dans le pays, où l’AFC intervient comme co-arrangeur mandaté principal et co-financeur, sur une maturité de dix ans.
Selon l’information contenue dans un communiqué de presse publié le 23 juin 2026, l’enveloppe va servir à acheter, assembler et distribuer un équipement massif : 2 126 ensembles tracteur-remorque, 1 020 unités de semis et de récolte, 930 systèmes d’irrigation et 95 dispositifs d’adduction d’eau. Le tout vient nourrir le Programme de Modernisation de l’Agriculture Togolaise (ProMAT), feuille de route nationale visant à doper la productivité, sécuriser l’approvisionnement alimentaire et accélérer la commercialisation des productions.
Combler un retard structurel
L’agriculture pèse environ 40 % du PIB togolais et emploie 60 % de la main-d’œuvre, mais les indicateurs trahissent un sous-équipement chronique : seuls 37 % des ménages agricoles utilisent des engrais, 8 % des semences améliorées, et moins de 1 % ont accès à l’irrigation d’après les données disponibles. Conséquence directe, à peine 20 % de la production atteint le marché. Le programme entend faire sauter ces verrous en injectant mécanisation et infrastructure hydraulique sur le terrain, avec à la clé hausse des rendements, créations d’emplois et résilience renforcée.
« La sécurité alimentaire est devenue une priorité de plus en plus urgente pour les pays africains, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales se fragilisent et que les risques climatiques s’intensifient », a déclaré Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC, qui revendique 19 milliards de dollars investis dans 36 pays africains depuis sa création en 2007.
L’opération togolaise s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique souveraine assumée : l’institution a récemment arrangé près de 2,5 milliards de dollars de financements pour le Nigeria, l’Angola, la Côte d’Ivoire et l’Égypte.



