Une Haute Cour fédérale à Abuja a ordonné le gel temporaire des avoirs bancaires de Mele Kolo Kyari, ancien directeur général de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) Limited, la compagnie pétrolière nationale. L’injonction concerne quatre comptes ouverts à la Jaiz Bank, dont deux liés à la Guwori Community Development et à la Guwori Community Development Foundation Flood Relief.
Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) sur des soupçons de fraude, d’abus de pouvoir et de blanchiment d’argent impliquant l’ex-patron de la compagnie pétrolière nationale.
La requête ex parte, déposée sous la référence FHC/ABJ/CS/1641 par l’avocat de l’EFCC, Ogechi Ujam, sollicitait un gel des comptes pour une durée de 60 jours afin de permettre la poursuite des investigations. Toutefois, le juge Emeka Nwite a limité la mesure à 30 jours, avec la possibilité de prolongation en fonction de l’évolution des éléments d’enquête. Dans sa décision, le magistrat a souligné avoir examiné les preuves documentaires et les affidavits soumis, concluant à la nécessité de préserver les fonds identifiés en attendant la suite des procédures.
Selon les premiers constats de l’EFCC, environ 661,46 millions de nairas (environ 460 000 USD) auraient transité par ces comptes, soupçonnés de provenir d’activités illicites. Les enquêteurs affirment que le mise en cause aurait utilisé sa position au sein de la NNPC pour faciliter l’attribution de contrats et canaliser des flux financiers suspects à travers plusieurs comptes bancaires, parfois gérés par des membres de sa famille agissant comme mandataires. L’EFCC argue que le maintien des fonds sous séquestre est indispensable pour éviter tout transfert ou dissimulation avant la clôture des investigations et l’éventuelle ouverture de poursuites.
L’affaire a été renvoyée au 23 septembre 2025 pour permettre à la commission de rendre compte de l’avancement de son enquête. Cette procédure illustre la volonté affichée des autorités judiciaires nigérianes de renforcer la lutte contre la corruption systémique dans le secteur pétrolier, longtemps considéré comme un foyer majeur de détournement de ressources publiques. Elle marque également une nouvelle étape dans l’examen des pratiques financières de la NNPC, à un moment où le Nigeria cherche à restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux dans sa gouvernance énergétique.


