Le gouvernement fédéral nigérian prévoit de lever 700 milliards de nairas (450 millions USD) sur le marché domestique via une adjudication obligataire prévue le 27 avril, avec un règlement fixé au 29 avril, selon une circulaire du Bureau de gestion de la dette (DMO).
Cette opération s’inscrit dans une réduction progressive des montants empruntés ces derniers mois, soit 900 milliards de nairas (580 millions USD) en janvier, 800 milliards nairas (520 millions USD) en février et 750 milliards nairas (480 millions USD) en mars, traduisant un ajustement mesuré de la stratégie de financement dans un environnement de taux d’intérêt élevés.
L’émission sera structurée par la réouverture de trois obligations existantes afin de renforcer la liquidité du marché secondaire. Elle comprend 300 milliards de nairas (190 millions USD) sur une maturité août 2030 à 17,945 %, 100 milliards nairas (65 millions USD) sur juin 2032 à 17,95 %, et 300 milliards sur janvier 2035 offrant un rendement de 22,60 %, nettement supérieur sur la partie longue de la courbe.
Cette configuration reflète un environnement de taux d’intérêt élevés, les investisseurs demandant des rendements plus importants pour compenser les risques liés à l’inflation, à la volatilité du naira et aux incertitudes macroéconomiques. Les rendements définitifs seront fixés lors de l’adjudication, en fonction des offres soumises en rendement actuariel.
Malgré la baisse des volumes, la demande devrait rester soutenue, les titres souverains nigérians conservant des avantages réglementaires et fiscaux, notamment leur statut d’actifs liquides pour les banques.
La politique monétaire restrictive de la banque centrale, visant à contenir l’inflation, continue toutefois de maintenir les coûts d’emprunt à des niveaux élevés. Cette dynamique accentue la pression sur les finances publiques, le service de la dette ayant atteint environ 16 000 milliards de nairas (10 milliards USD) en 2025, en hausse de près de 23 % sur un an selon les données du DMO.



