L’opérateur historique des télécommunications au Maroc ajuste sa stratégie de présence en bourse. Selon l’avis de convocation publié en vue de sa prochaine Assemblée Générale Ordinaire, Maroc Telecom s’apprête à impulser un nouveau programme de rachat d’actions.
Maroc Telecom tiendra une Assemblée Générales Ordinaire (AGO) le 26 mars prochain. Parmi les points figurant à l’ordre du jour, l’abrogation du programme de rachat d’actions en cours et l’autorisation à donner au Directeur Général pour mettre en place un programme de rachat d’actions en vue de favoriser la liquidité et la mise en place d’un contrat de liquidité. Cette opération, à la fois technique et symbolique, reflète la volonté du groupe de renforcer la gestion de son titre tout en affinant la liquidité de ses actions sur le marché domestique.
L’opérateur historique prévoit d’abroger par anticipation le programme de rachat en vigueur, initialement autorisé lors de l’AGO de mars 2025 et qui devait courir jusqu’en octobre 2026, pour le remplacer par un dispositif actualisé. Ce nouveau programme, s’il est validé par les actionnaires, portera sur jusqu’à 1,5 million d’actions, soit environ 0,17 % du capital social, pour une enveloppe maximale d’environ 255 millions de dirhams. Le calendrier envisagé s’étendrait sur 18 mois, de mi-avril 2026 à octobre 2027, offrant à la direction une fenêtre étendue pour intervenir selon les conditions de marché.
Objectifs et mécanismes du dispositif
Sur le plan opérationnel, le programme repose sur une fourchette de prix encadrée : un prix maximum d’achat fixé à 170 DH par action et un prix minimum de vente à 78 DH, hors frais de transaction. Le financement serait assuré intégralement par la trésorerie disponible du groupe, excluant tout recours à l’endettement. Un contrat de liquidité serait également mis en place, adossé au programme, avec un maximum de 300 000 actions mobilisées dans ce cadre. Ce contrat, en confiant à un prestataire indépendant la mission d’acheter et vendre le titre de manière structurée, vise à réduire la volatilité, fluidifier le carnet d’ordres et encourager une meilleure rotation du titre. L’entreprise indique ainsi au marché qu’elle dispose de l’autorisation et des moyens d’intervenir même en cas de forte appréciation de son titre, sans être bloquée par un plafond trop restrictif.
Pourquoi ce choix stratégique ?
Du point de vue des analystes, ce rachat n’a pas vocation à transformer la structure du capital ou à réduire le nombre d’actions en circulation, mais plutôt à améliorer la liquidité du titre sur le marché secondaire et à offrir aux investisseurs une sécurité opérationnelle accrue. Avec des volumes parfois limités sur le titre Maroc Telecom, ce type d’instrument est considéré comme un moyen d’animer le marché et de soutenir les échanges, notamment dans des périodes où la volatilité peut être plus marquée.
Le choix d’un financement par trésorerie indique par ailleurs que la société dispose d’une marge de manœuvre financière suffisante pour procéder à ces rachats sans fragiliser ses projets d’investissement, notamment dans des domaines stratégiques tels que le déploiement de la 5G, l’expansion des réseaux ou son positionnement international.
Un signal positif pour le marché ?
Dans un environnement où les marchés émergents sont sensibles à la liquidité et à la profondeur des carnets d’ordres, la démarche de Maroc Telecom peut être perçue comme un signal de gouvernance active auprès des investisseurs institutionnels et particuliers. En offrant un cadre d’intervention clair et encadré, le groupe rassure sur sa capacité à accompagner le titre, tout en conservant une discipline financière. Il appartiendra désormais aux actionnaires, réunis fin mars, de valider ou non ce nouveau programme. Si l’autorisation est accordée, le dispositif entrera en vigueur dès la mi-avril 2026, marquant ainsi une nouvelle étape dans la gestion boursière de l’un des titres phares de la place casablancaise. La balle est désormais dans le camp des actionnaires, qui devront valider cette résolution lors de l’Assemblée Générale Ordinaire. Si elle est adoptée, le nouveau programme entrera en vigueur dès la mi-avril 2026 pour une durée d’un an et demi.



