Le gouvernement malien a saisi plus d’une tonne d’or, d’une valeur estimée à 117,2 millions USD, appartenant au géant minier canadien Barrick Gold Corporation. Selon l’entreprise basée à Toronto, des hélicoptères de l’armée ont atterri sans préavis, ce jeudi 10 juillet, sur le site du complexe aurifère Loulo-Gounkoto pour effectuer cette saisie.
Cette éniéme opération marque une escalade majeure dans le différend qui oppose Barrick aux autorités maliennes. Le complexe Loulo-Gounkoto, l’un des plus grands projets aurifères du pays, a cessé ses opérations plus tôt cette année après que le gouvernement a suspendu les exportations d’or. La saisie s’ajoute aux trois tonnes d’or déjà confisquées par le gouvernement malien en janvier.
Le gouvernement malien a lancé, depuis, la mise en vente d’une partie des stocks d’or saisis en janvier, afin de financer la relance des activités sur le site de Loulo-Gounkoto placé sous administration provisoire. Cette vente vise notamment à couvrir les frais de fonctionnement, les salaires et les dettes envers les sous-traitants. Mais Barrick conteste cette opération et a engagé une procédure d’arbitrage international, alors que la situation reste tendue.
« L’or a été emporté de manière unilatérale, potentiellement en vue d’une vente par l’administration provisoire », a précisé Barrick dans un communiqué.
Le Mali a durci sa position envers les compagnies minières étrangères depuis 2023, avec l’imposition de nouveaux arriérés fiscaux et l’application d’un nouveau code minier, augmentant sensiblement la participation de l’État dans les projets extractifs. Alors que d’autres acteurs comme Allied Gold Corp. ou B2Gold Corp. ont accepté les nouveaux termes, Barrick a choisi d’entrer en résistance.
En juin, le gouvernement a placé le site Loulo-Gounkoto sous administration provisoire, et en juillet, il a annoncé vouloir relancer la production via un gestionnaire intérimaire désigné par l’État.
Dans une lettre publiée jeudi, le PDG Mark Bristow a réaffirmé l’engagement du groupe à résoudre le conflit dans le cadre des conventions minières signées avec le pays, affirmant la volonté du groupe de maintenir sa présence au Mali et de privilégier la voie diplomatique et juridique.
« Nous ne nous contentons pas d’espérer un règlement favorable. Nous agissons dans le cadre des mécanismes juridiques reconnus par nos accords avec le Mali », a-t-il déclaré.
À noter qu’une procédure d’arbitrage international est désormais en cours, avec une première audience attendue d’ici la fin du mois de juillet.
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