Après la mise aux enchères de l’hôtel particulier de l’avenue Foch, saisi dans l’affaire dite des « biens mal acquis », le vice-président équato-guinéen Teodoro Nguema Obiang Mangue durcit le ton et dénonce des pratiques « coloniales » de la France. Un nouveau front diplomatique s’ouvre ainsi entre Paris et Malabo.
Trois jours après la mise en vente par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) du fastueux immeuble du 42 avenue Foch dans le 16e arrondissement de Paris, le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, est monté au créneau. Dans un message publié le 30 juin sur le réseau social X, le fils du chef de l’Etat dénonce des méthodes qui, dit-il, « rappellent des pratiques de domination, de pression et de mépris envers les États africains ».
Remerciant d’abord les « pays frères africains » pour leur soutien, le vice-président fustige des rapports hérités d’une autre époque : « L’Afrique a trop lutté pour surmonter l’hégémonie coloniale pour accepter, au XXIᵉ siècle, que des pays qui se présentent comme démocratiques utilisent leur influence pour affaiblir, humilier ou conditionner des États qu’ils considèrent plus vulnérables. »
Le dirigeant rejette au passage le mécanisme français de restitution des avoirs confisqués, estimant que son pays « n’accepte pas la charité issue de l’usurpation de ce qui lui appartient légitimement ». Une pique adressée directement à Paris, quelques jours après que le gouvernement de Malabo eut menacé, dans un communiqué du 27 juin, de revoir l’ensemble de ses relations diplomatiques avec la France.
Considéré par la Guinée équatoriale comme le siège de sa représentation diplomatique, l’hôtel particulier de 4000 m², orné de dorures et de marbres, comprend 15 appartements dont un triplex, 5 studios, 20 chambres de service, des caves et des garages. Sa confiscation remonte à juillet 2021 : la Cour de cassation avait alors confirmé la condamnation de Teodoro Nguema Obiang Manguepour blanchiment de détournement de fonds publics — trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et saisie du bien.
Le 23 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné l’expulsion des derniers occupants, dont un amiral et un ambassadeur équato-guinéens. La vente aux enchères clôt le volet judiciaire, mais ouvre une crise diplomatique aux accents mémoriels.


