Africatalyst, un cabinet indépendant de conseil en développement mondial, a publié, le 13 novembre 2024 à Bakou, en marge de la Conférence des parties sur le climat (COP29), son rapport sur la libération du potentiel des banques multilatérales de développement pour lutter contre les émissions de méthane (CH4) en Afrique. Le document indique, entre autres, que ces institutions devraient allouer seulement 2,4 % de leurs actifs pour répondre aux 48 milliards de dollars de financement annuel nécessaires à la réduction des émissions de méthane d’ici à 2030.
« Le rôle des banques multilatérales de développement (BMD) devient de plus en plus important pour soutenir les initiatives de réduction du méthane à travers le continent. Une réduction de 50 % des émissions de méthane d’ici à 2030 dans les 19 pays responsables de 80 % des émissions de méthane en Afrique nécessiterait 10 milliards de dollars, mais se traduirait par des avantages économiques et sociaux estimés à 4 300 dollars par tonne de méthane évitée », estime le rapport intitulé ‘Réduction des émissions de méthane en Afrique : le rôle des banques multilatérales de développement’.
Selon Africatalyst, les émissions de méthane en Afrique proviennent essentiellement de l’agriculture (50,6 %), de l’énergie (34,2 %) et des déchets (15,2 %) et la plus forte concentration est observée dans 19 pays seulement.
Le méthane responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle
« Le méthane est l’un des principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre, et il existe des preuves solides qu’avec des efforts ambitieux de réduction du méthane en Afrique, le continent peut respecter ses engagements dans le cadre de l’Accord de Paris », a déclaré Daouda Sembene, le patron d’AfriCatalyst. « Cependant, l’un des principaux défis auxquels nous sommes confrontés est le manque de sensibilisation et de débat sur la réduction du méthane en Afrique. Bien que la question soit débattue, elle n’est pas encore totalement intégrée sur le continent », a-t-il ajouté.
Dans un bilan mondial du méthane publié en septembre dernier dans la revue Environmental Research Letters, quatre ans après la précédente édition, 69 scientifiques du consortium Global Carbon Project avaient relevé que les émissions et les concentrations de méthane (CH4) dans l’atmosphère ne cessent d’augmenter, à un rythme qui s’est fortement accéléré ces dernières années, malgré les promesses de nombreux pays de les réduire drastiquement. Ils sont d’autant plus graves que le méthane, le deuxième gaz à effet de serre le plus important après le dioxyde de carbone (CO2), est responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle.



